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Le président de l’ASADHO estime que les propos du prédicateur constituent une incitation à la violence politique et ne devraient bénéficier d’aucune protection liée à sa proximité avec le pouvoir.

La polémique autour du prédicateur congolais Jules Mulindwa continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Dans une déclaration rendue publique, le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a appelé les autorités judiciaires à interpeller et à poursuivre l’intéressé pour des faits qu’il qualifie d’« incitation au meurtre des opposants politiques ».

« Monsieur Jules Mulindwa doit être interpellé et traduit en justice pour incitation au meurtre des opposants politiques. Son soutien au président Tshisekedi ne doit pas lui servir de bouclier. Il n’en est pas à son premier forfait », a déclaré Jean-Claude Katende.

Au cœur de la controverse

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques autour du débat sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Ces dernières semaines, plusieurs vidéos attribuées à Jules Mulindwa ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant l’indignation d’une partie de l’opinion publique.

Dans certaines de ses interventions, le prédicateur a tenu des propos particulièrement virulents à l’endroit des acteurs de l’opposition politique. Ces déclarations ont été jugées injurieuses, discriminatoires et potentiellement dangereuses par plusieurs organisations de défense des droits humains ainsi que par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).

Celui-ci a d’ailleurs prononcé des sanctions à son encontre, estimant que certains de ses propos pouvaient être assimilés à une apologie de la violence et à une incitation à des actes criminels.

Une question de responsabilité publique

Pour Jean-Claude Katende, la simple condamnation morale ne suffit plus. Le défenseur des droits humains estime que la justice doit se saisir du dossier afin d’établir les responsabilités éventuelles et d’envoyer un message clair contre les discours de haine dans l’espace public.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des leaders religieux, politiques et sociaux dans un contexte national déjà marqué par des tensions politiques et sécuritaires. De nombreux observateurs rappellent que les discours appelant à la stigmatisation ou à la violence contre des adversaires politiques peuvent contribuer à fragiliser davantage la cohésion nationale et le climat démocratique.

Entre liberté d’expression et protection de la paix sociale

Si la liberté d’expression demeure un droit fondamental garanti par la Constitution congolaise, elle trouve ses limites lorsque les propos tenus sont susceptibles de porter atteinte à la dignité d’autrui, d’encourager la violence ou de menacer l’ordre public.

L’évolution de ce dossier sera suivie avec attention, alors que plusieurs voix continuent de réclamer une application impartiale de la loi, indépendamment de l’appartenance politique ou des sympathies affichées envers les autorités en place.

Pour ses détracteurs comme pour ses partisans, l’affaire Jules Mulindwa constitue désormais un test important pour l’État de droit et la lutte contre les discours susceptibles d’alimenter la violence politique en République démocratique du Congo.

Philippe Dephill Lipo

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