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Dans le cadre d’un suivi rigoureux de la crise sanitaire qui secoue le nord-est de la République démocratique du Congo, une délégation ministérielle de haut niveau a posé ses valises, ce jeudi 18 juin 2026, à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Il s’agit du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et de son homologue de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba.

Les deux membres du gouvernement Suminwa entament une mission d’évaluation de haute portée concernant la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola, déclarée dans la région depuis le 15 mai dernier. Une descente sur le terrain qui constitue le troisième déplacement gouvernemental en l’espace de trente jours, signe de l’extrême vigilance de l’exécutif central face au risque de propagation de ce virus hautement létal.

« Nous revenons pour deux raisons majeures », a expliqué le Dr Samuel Roger Kamba à sa descente d’avion. Et de renchérir : « D’une part, il est impératif d’évaluer la riposte après un mois d’opérations afin d’identifier nos forces et de corriger nos faiblesses. Nous devons optimiser l’allocation de nos ressources pour que notre action soit à la hauteur de cette épidémie majeure. D’autre part, l’arrivée d’un nouveau gouverneur à la tête de la province impose de redéfinir immédiatement les contours de notre collaboration stratégique, sur la base des discussions approfondies que nous avions initiées avec son prédécesseur. »

Un contexte sanitaire lourd : l’ombre d’Ebola sur l’Est congolais

La province de l’Ituri, tout comme sa voisine du Nord-Kivu, n’en est pas à son premier corps-à-corps avec le virus Ebola. Cette partie de la République démocratique du Congo est historiquement considérée comme une zone à haut risque épidémiologique en raison de son écosystème forestier et de la forte mobilité de sa population.

La mémoire collective reste marquée par la dixième épidémie d’Ebola (2018-2020), considérée jusque-là comme la plus meurtrière de l’histoire du pays, qui avait fait plus de 2 200 morts dans cette même région. Le grand défi de la riposte actuelle réside dans la détection précoce des cas et le suivi des contacts, des opérations rendues extrêmement complexes par l’accès limité à certaines zones de santé.

Le défi de la gouvernance : harmoniser santé et sécurité

Le changement de leadership à la tête de la province de l’Ituri s’inscrit logiquement dans un contexte politique et sécuritaire très spécifique. Comme on le sait, l’Ituri est soumise depuis mai 2021 à un régime d’exception : l’état de siège.

Sous ce statut, l’administration civile est traditionnellement confiée à des autorités militaires pour faire face à l’activisme des groupes armés, notamment la CODECO et les ADF.

Aussi, l’arrivée d’un nouveau gouverneur à Bunia implique une réadaptation immédiate des priorités territoriales. En période d’épidémie, l’appareil sécuritaire provincial doit travailler main dans la main avec les équipes médicales : sécurisation des centres de traitement, protection des couloirs humanitaires pour le déploiement des vaccins et maintien de l’ordre face aux éventuelles réticences communautaires.

La réunion entre la délégation de Kinshasa et le nouveau chef de l’exécutif provincial s’avère donc capitale pour garantir l’efficacité de la ceinture sanitaire autour du foyer épidémique.

Rencontre avec le caucus des députés de l’Ituri

Il y a lieu d’indiquer qu’à la veille de leur départ pour l’Ituri, le ministre de la Santé, le Dr Roger Kamba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, avaient fait le point avec le caucus des parlementaires de l’Ituri. Les discussions ont essentiellement porté sur la riposte à l’épicentre de l’épidémie, la prise en charge des patients et le soutien aux équipes mobiles.

Philippe Dephill Lipo

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