La Tribune des Femmes des Médias (TFM) et l’Union nationale des Caméramans du Congo (UNCC), avec l’appui du ministère de la Communication et Médias, ont organisé, jeudi 6 août à Kinshasa, une matinée scientifique consacrée au renforcement des capacités des journalistes. Cette rencontre a réuni plusieurs professionnels des médias autour des enjeux liés au numérique, à l’intelligence artificielle (IA), à l’éthique, à la déontologie et à la liberté de la presse.
Dans son allocution d’ouverture, Rachel Shako, présidente de la Tribune des Femmes des Médias, a souligné que l’intelligence artificielle bouleverse les habitudes, que le numérique transforme les méthodes de travail des professionnels des médias et que les réseaux sociaux influencent de plus en plus l’opinion publique, tandis que les fausses informations circulent parfois plus rapidement que les vraies. Elle a toutefois rappelé que, malgré ces mutations technologiques, une réalité demeure immuable : la crédibilité du journaliste. Selon elle, aucune machine ne remplacera la conscience professionnelle, aucune intelligence artificielle ne remplacera l’éthique et aucun algorithme ne remplacera la responsabilité humaine.
Elle a, en outre, lancé un appel aux responsables politiques de la RDC afin qu’ils valorisent les professionnels des médias et accordent leur confiance aux hommes et aux femmes de la presse qui exercent leur métier dans le respect de l’éthique, de la déontologie et des règles professionnelles.
Rachel Shako a également exhorté les journalistes à redonner de la valeur à leur profession en mettant fin aux pratiques qui portent atteinte à la crédibilité de la presse.
De son côté, le président de l’Union nationale des Caméramans du Congo (UNCC) a indiqué que le thème retenu pour la Journée nationale de la presse congolaise cette année reflète parfaitement les défis auxquels est confrontée la profession médiatique.

Selon lui, la qualité de l’information dépend également de la compétence technique des professionnels et du sens élevé de responsabilité de ceux qui captent les images d’actualité.
Intervenant parmi les panélistes, le directeur général de l’Agence congolaise de presse (ACP), Bienvenu-Marie Bakumanya, a insisté sur la nécessité de préserver la crédibilité de la profession en luttant contre l’usurpation du statut de journaliste et en veillant au respect des dispositions légales qui régissent le secteur.
“Ceux qui exercent aujourd’hui le métier du journalisme doivent savoir protéger leur métier des usurpateurs. La première condition pour avoir la qualité du journaliste est de détenir un diplôme de licence soit le Bac plus 5, selon la loi Muyaya. Le respect de l’éthique et de la déontologie demeure le principal critère qui distingue un journaliste professionnel. L’exercice de cette profession est régi par les dispositions légales en vigueur, notamment celles relatives au statut du journaliste professionnel, ainsi qu’à la détention de la carte de presse délivrée par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC)”, a déclaré Bienvenu-Marie Bakumanya.

Le directeur général de l’ACP a, par ailleurs, exhorté les journalistes à faire de l’intelligence artificielle un outil d’appui plutôt qu’un substitut au travail rédactionnel, rappelant que la responsabilité éditoriale incombe toujours au journaliste.
« Il ne faut jamais inverser le rôle. L’intelligence artificielle peut aider à traduire le texte, à améliorer le style, mais le journaliste demeure le dernier décideur de ce qui doit être diffusé. L’article ne doit être écrit par l’IA. Il doit être utilisé comme moyen pour réduire les fautes », a dit Bienvenu-Marie Bakumanya, directeur général de ce média public congolais.
Poursuivant son intervention, il a souligné que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer les missions essentielles du journaliste, notamment la collecte, la vérification, le traitement et la contextualisation de l’information.
Pour sa part, le directeur adjoint de la Cellule de communication de la Présidence de la République, Giscard Kusema, a rappelé l’importance du respect des fondamentaux du métier afin de garantir une information fiable, équilibrée et conforme aux exigences professionnelles.
“Pour être professionnel, il suffit de respecter les principes fondamentaux du métier en répondant aux questions essentielles : qui, fait quoi, quand et où, auxquelles peuvent s’ajouter le pourquoi et le comment. Il n’y a pas mille façons d’exercer le journalisme. Cette profession est universelle et repose sur les principes contenus dans le code d’éthique et de déontologie. La véracité des faits, l’indépendance, l’équité, le respect de la présomption d’innocence ainsi que la responsabilité dans le traitement de l’information constituent les fondements de l’exercice du métier de journaliste”, a déclaré Giscard Kusema, directeur adjoint de la Cellule de communication de la Présidence de la République démocratique du Congo.
Abordant le thème consacré à l’utilisation des technologies numériques dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information, la directrice générale de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), Mme Sylvie Elenge, a centré sa réflexion sur l’expérience de la chaîne publique.
Dans son intervention, elle a indiqué que la RTNC est engagée dans une profonde transformation numérique afin de s’adapter aux exigences des technologies de l’information et de la communication.
Selon elle, l’intégration des technologies numériques transforme en profondeur le fonctionnement de la RTNC et ouvre de nouvelles perspectives pour le service public de l’information.
Il convient de rappeler que cette matinée scientifique a été organisée à l’occasion de la Journée nationale de la presse congolaise, célébrée le 6 août de chaque année.
La rédaction



