Chargement...

globalnewsrdc

Une étude publiée le 30 juillet 2026 dans la prestigieuse revue Nature Communications met en lumière une problématique majeure concernant la gestion des ressources minières de la République démocratique du Congo. Selon les chercheurs Ryan A. Manzuk et Sébastien Philippe, entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium naturel auraient été exportées entre 2000 et 2024 sans déclaration officielle, dissimulées dans des cargaisons d’hydroxyde de cobalt brut principalement destinées à la Chine.

Les auteurs précisent qu’il ne s’agirait pas d’un trafic organisé, mais plutôt d’une conséquence de la présence naturelle de l’uranium dans les gisements de cobalt du Copperbelt congolais. En l’absence d’installations capables de séparer efficacement ces deux minerais lors du traitement, l’uranium aurait été exporté avec le cobalt sans être identifié ni soumis aux procédures internationales de contrôle des matières nucléaires.

L’étude estime qu’environ 65 % de cet uranium aurait été acheminé vers des raffineries sous contrôle chinois, tandis que moins de 10 % seulement auraient été officiellement déclarés et placés sous les garanties internationales applicables aux matières radioactives.

Les chercheurs attirent également l’attention sur un autre aspect préoccupant : entre 1 000 et 4 000 tonnes d’uranium supplémentaires auraient été abandonnées dans les résidus miniers. Cette situation pourrait présenter des risques pour l’environnement, notamment en contaminant les sols et les eaux, tout en exposant les communautés riveraines à des conséquences sanitaires encore mal évaluées.

Au-delà de ces estimations, cette étude relance le débat sur la gouvernance des ressources stratégiques de la RDC, qui possède certaines des plus importantes réserves mondiales de minerais critiques indispensables à la transition énergétique.

Les auteurs recommandent notamment la réalisation d’un audit national indépendant, le renforcement des contrôles sur les exportations minières, la mise en place d’un suivi radiologique systématique des sites d’exploitation ainsi qu’une surveillance environnementale accrue afin de garantir la transparence, la sécurité des populations et la protection des ressources nationales.

La RDC occupe aujourd’hui une place centrale dans la transition énergétique mondiale. Cette position stratégique implique une gestion rigoureuse, transparente et durable de ses ressources naturelles, afin qu’elles contribuent pleinement au développement du pays tout en préservant la santé des populations et l’environnement.

Les conclusions de cette étude reposent toutefois sur des estimations scientifiques et appellent à des vérifications complémentaires par les autorités congolaises, les opérateurs miniers et les organismes internationaux compétents. Si elles étaient confirmées, elles pourraient conduire à un renforcement des mécanismes de contrôle des exportations minières et de la gestion des matières radioactives en République démocratique du Congo.

Please follow and like us:
Pin Share