L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, a lancé un appel à la mobilisation des Congolais contre ce qu’il présente comme une volonté du pouvoir de modifier la Constitution. Dans un message adressé à la Nation, ce jeudi 11 Juin, le président honoraire estime que l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale confirme les intentions du régime en place de réviser la Loi fondamentale.
Dans sa déclaration, Joseph Kabila affirme que le pays traverse une période de « dégradation constante » de ses institutions et de la gouvernance. Il soutient que les alertes qu’il avait formulées depuis 2025 sur les risques pesant sur la cohésion nationale et la stabilité de l’État se trouvent aujourd’hui confortées par les évolutions politiques récentes.
Dans la foulée, l’ancien chef de l’État considère que l’adoption de la loi référendaire marque « un pas décisif » vers un changement constitutionnel.
Selon lui, cette démarche remet en cause le pacte républicain et ouvre la voie à une concentration excessive du pouvoir, susceptible d’affaiblir les mécanismes démocratiques et les perspectives d’alternance politique.
« Aujourd’hui, les faits parlent d’eux-mêmes », écrit-il, estimant que les intentions du pouvoir ne relèvent plus de simples spéculations mais d’un choix politique désormais assumé.
Par ailleurs, le sénateur à vie Joseph Kabila dénonce ce qu’il qualifie de gouvernance « arrogante, liberticide et prédatrice », accusant les autorités actuelles de s’écarter des principes démocratiques et constitutionnels.
S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, il rappelle que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout exercice du pouvoir contraire à la Loi fondamentale. Il appelle, à cet effet, à une mobilisation des forces politiques, sociales et citoyennes pour défendre la Constitution et les acquis démocratiques du pays.
L’ancien président invite ainsi les Congolais, sans distinction d’origine, de religion, de langue ou d’appartenance politique, à soutenir les initiatives visant à préserver l’ordre constitutionnel. Il appelle également à la vigilance citoyenne face à ce qu’il considère comme des menaces contre les libertés publiques et la démocratie.
Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par un débat grandissant autour de l’éventualité d’une réforme constitutionnelle, une question qui continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise.



