Le professeur Achille Bundjoko Iyolo plaide pour une mobilisation nationale plus forte autour du Genocost, qu’il considère comme un enjeu majeur de mémoire collective et de reconstruction nationale.
Dans une tribune intitulée « Statut et logique de mobilisation collective à géométrie variable », ce Docteur en Sciences de l’information et de la communication estime que la République démocratique du Congo doit aller au-delà des commémorations ponctuelles afin d’ancrer durablement cette mémoire dans la conscience collective.
« Depuis plus de trente ans, la RDC fait face à un génocide dénommé GENOCOST à la suite des gains économiques. Il s’agit d’une question importante pour la mémoire collective à raviver, à constituer pour la construction d’une nation », a écrit le professeur Achille Bundjoko Iyolo.
A l’en croire, le travail de mémoire représente un facteur essentiel de cohésion sociale et d’unité nationale.
« L’entretien de la mémoire collective cimente la cohésion sociale et l’unité nationale », a-t-il affirmé, rappelant que le Conseil des ministres a déjà institué un cadre destiné à soutenir cette dynamique mémorielle.
Il observe toutefois que la mobilisation autour du Genocost évolue selon deux dynamiques distinctes.
« Genocost navigue sous deux logiques de mobilisation collective à géométrie variable face à l’internationalisation, donc l’externalisation, et l’internalisation, le mouvement interne de socialisation », a expliqué le professeur.
Par ailleurs, Achille Bundjoko salue les avancées enregistrées sur le plan international grâce aux actions diplomatiques, judiciaires, médiatiques et culturelles.
« L’internationalisation est bien remarquable avec des efforts très louables à la suite de la mobilisation engagée prenant plusieurs dimensions, notamment judiciaire, médiatique, diplomatique, culturelle, etc. », a-t-il souligné.
En revanche, le professeur Bundjoko Iyolo juge insuffisante la mobilisation à l’intérieur du pays.
« L’équation de l’internalisation est sous cloche (…), étant donné que le processus de socialisation est au degré zéro et ne repose que sur un événementiel commémoratif à échelle limitée, réservée, élitiste à souhait », a-t-il regretté.
Il estime également que le mémorial consacré aux victimes ne bénéficie pas de la visibilité nécessaire.
« Le mémorial érigé, en retrait et presque caché, sans promotion aucune, participe à l’invisibilisation mémorielle, émotionnelle, informationnelle et fait même ombrage au nombre de morts », a déclaré le professeur.
Pour ce Professeur des Universités, la mémoire du Genocost doit devenir un levier stratégique de développement et de souveraineté.
« GENOCOST constitue un dispositif d’opportunités inestimables s’offrant à la RDC pour sa reconstruction, sa souveraineté cognitive, symbolique, émotionnelle, économique, culturelle et politique », a-t-il conclu, avant de s’interroger : « Ne faut-il pas convoquer des rites d’inversion morale ? »
Pour rappel, la République démocratique du Congo commémore le 02 août de chaque année le génocide pour des gains économiques dit « Genocost », en mémoire des millions de Congolais tués dans les conflits qui ont ravagé le pays depuis plus de trois décennies.
La rédaction



