Chargement...

globalnewsrdc

« Si rien n’est fait pour décrisper le climat politique et pour arrêter une intolérance politique qui a atteint son paroxysme, ciblant principalement les voix critiques qui ne sont pas nécessairement celles des personnes s’opposant au régime au pouvoir, les risques et les craintes de violations massives et graves des droits de l’homme dans le futur ne seraient pas à écarter », a averti Mme Irène Monama, première directrice exécutive adjointe de la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’Homme (VSV).

C’était au cours d’une conférence de presse animée jeudi 25 juin 2026 au siège de cette ONG de défense des droits de l’homme, dans la commune de Kalamu.

Pour Mme Monama, la VSV suit avec une profonde inquiétude le climat politique très tendu depuis l’annonce, par les partis politiques membres de l’Union sacrée, de leur volonté de réviser ou de modifier la Constitution de la RDC.

Ce climat politique très tendu intervient malheureusement dans un contexte d’agression et d’occupation des villes de Goma et de Bukavu, chefs-lieux respectifs des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que de plusieurs territoires de ces deux provinces, fragilisant davantage la cohésion nationale dont les populations congolaises et les autorités ont grandement besoin en ce moment précis.

Unité nationale : simple slogan ?

La VSV estime que l’unité nationale, tant vantée et soutenue par tous, est devenue un simple slogan au regard des fractures réelles et très visibles entre les diverses couches de la population congolaise.

Cette ONG de défense des droits de l’homme estime que le soutien à la révision ou au changement de la Constitution constituerait le véritable prétexte d’une bombe à retardement prête à exploser à tout moment, pour tout brûler et tout casser en RDC, plongeant ainsi le pays dans une forme d’incertitude et de peur, comme en 2015 et 2016, avant la fin du mandat de l’ancien président Joseph Kabila.

La VSV rappelle en effet que des violations massives et graves des droits humains ont été perpétrées en 2015, notamment les meurtres d’activistes pro-démocratie et d’autres citoyens congolais : « Des prêtres humiliés et déshabillés, des paroisses profanées par les partisans du pouvoir de l’époque. »

Devoir de mémoire

Par la voix de Mme Irène Monama, la VSV rappelle que l’alternance politique qui a suivi a été saluée par tous, tant aux niveaux national, régional qu’international, augurant ainsi une nouvelle ère avec l’avènement au pouvoir du président Félix Tshisekedi, dont le mandat avait démarré sur une note d’espoir en matière de respect des droits humains.

La VSV a par ailleurs salué d’importantes réalisations du pouvoir en place en matière de construction et de réhabilitation des infrastructures routières, aéroportuaires, sanitaires, universitaires et scolaires, ainsi que les augmentations des salaires des policiers et des militaires.

« Bien que beaucoup reste à faire, principalement pour le quotidien des populations congolaises, dont les conditions de vie demeurent préoccupantes, avec notamment le manque d’eau potable dans de nombreux quartiers de Kinshasa et dans plusieurs provinces. »

Débat constitutionnel : la RDC divisée ?

La VSV rappelle également que la RDC est très divisée ces derniers temps par le débat sur la révision ou le changement de la Constitution et qu’à ce jour, il est difficile de déterminer avec exactitude de quel côté se trouve la majorité de la population.

« L’intolérance politique a atteint son paroxysme et l’espace civique est de plus en plus menacé. Cette intolérance contraint même des actrices et acteurs de la société civile à s’autocensurer par crainte d’être ciblés », fait savoir la VSV.

L’organisation ajoute que des personnes se faisant passer pour des membres de la Force du progrès, présentée comme alliée de l’UDPS, s’illustrent ces derniers temps par des comportements répréhensibles, émaillés d’atteintes graves aux droits de l’homme, sans que les forces de l’ordre ne les interpellent.

La VSV souligne que les informations faisant état d’opposants politiques et de religieux se sentant menacés par des individus se présentant comme membres de la Force du progrès ne peuvent laisser indifférents les défenseurs des droits de l’homme.

Plaidoyer pour la décrispation du climat politique

Pour la VSV, si rien n’est fait pour décrisper le climat politique et mettre fin à une intolérance politique qui a atteint son paroxysme, ciblant principalement les voix critiques qui ne sont pas nécessairement celles des opposants au régime en place, les risques et les craintes de violations massives et graves des droits de l’homme dans le futur ne seraient pas à écarter.

Il est plus que temps, estime l’organisation, que les autorités lancent des messages d’apaisement et interpellent leurs partisans afin qu’ils mettent fin aux discours et déclarations qui divisent les Congolais, et multiplient plutôt les messages favorisant l’unité nationale.

« Le pouvoir de Kinshasa devrait éviter de se laisser induire en erreur par de nombreux flatteurs qui agissent dans l’espoir d’obtenir ou de pérenniser des dividendes politiques ou financiers, notamment des nominations à des postes de responsabilité ou le maintien à leurs actuels postes juteux », prévient encore cette ONG de défense des droits de l’homme.

Le président de la République reste l’ultime recours

En définitive, la VSV estime que seul Son Excellence Monsieur le Président de la République et Chef de l’État, Félix Tshisekedi, peut contribuer à la décrispation du climat politique très tendu afin d’apaiser les tensions politiques.

« Il est crucial que les Congolais restent unis, et cela doit passer par la retenue de tous les acteurs politiques, toutes tendances confondues, afin que la RDC ne bascule pas dans le chaos », estime la VSV.

Et de poursuivre :

« En effet, aucune appartenance tribale ou ethnique ne vaut davantage que l’unité et la cohésion nationales, surtout dans le contexte actuel d’agression et d’occupation de certaines parties de la RDC avec le soutien du Rwanda. Les acteurs politiques doivent éviter que les sanctions internationales ayant frappé certaines personnalités du régime passé ne les rattrapent un jour pour entrave au développement démocratique et au respect des droits humains et des libertés fondamentales », a conclu Mme Irène Monama au nom de la VSV.

José Wakadila

Please follow and like us:
Pin Share