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L’affaire Jules Alingete Key prend une nouvelle dimension. Alors que le procureur général près la Cour de cassation a récemment clarifié la situation judiciaire de l’ancien Inspecteur général des finances (IGF) et de plusieurs responsables du Groupe Rawji, la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) affirme que l’ancien patron de l’IGF ferait désormais l’objet d’une campagne de représailles politiques. Dans un communiqué publié le 10 juillet 2026 à Kinshasa, l’organisation appelle le gouvernement à renforcer « sans délai » sa sécurité ainsi que celle de ses proches.

Cette sortie médiatique intervient dans le prolongement du communiqué officiel n° 003/PGCCAS/2026 du 4 juillet 2026, par lequel le procureur général près la Cour de cassation est revenu sur les mesures judiciaires prises dans ce dossier.

Le chef du parquet de cassation y précise que l’interdiction de sortie du territoire imposée le 20 juin 2026 à Jules Alingete Key, aux dirigeants du Groupe Rawji ainsi qu’à plusieurs autres personnes n’était qu’une mesure conservatoire destinée à garantir leur disponibilité durant les investigations. Selon le ministère public, cette mesure a été levée depuis plusieurs semaines, à la suite de l’évolution de l’instruction.

Plus important encore, le procureur général indique qu’à ce stade des investigations, aucune preuve n’a permis d’établir une implication des personnes concernées dans des faits de corruption ou de blanchiment de capitaux. Il rappelle également que certains faits avaient déjà fait l’objet de procédures judiciaires antérieures ayant abouti à des décisions définitives de non-lieu.

Pour la Fondation Bill Clinton pour la Paix, ces précisions officielles confortent les résultats de sa propre enquête indépendante. L’organisation affirme avoir examiné les différentes procédures judiciaires relatives au dossier et soutient que plusieurs décisions de justice attestent de la régularité des actes posés.

La FBCP met notamment en avant un jugement rendu le 2 octobre 2024 par le tribunal de paix de Kinshasa/Gombe, devenu définitif en l’absence de recours, ainsi qu’une correspondance officielle de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), datée du 18 avril 2025. Selon cette correspondance, les investigations financières n’auraient révélé aucun élément susceptible d’établir des faits de blanchiment de capitaux imputables à Jules Alingete Key dans ses relations présumées avec le Groupe Rawji.

Au-delà de l’analyse juridique, c’est surtout le contexte politique qui inquiète la fondation.

Dans son communiqué, la FBCP affirme que l’ancien Inspecteur général des finances serait victime de « manœuvres de coulisses » et d’une « main noire » qu’elle attribue à un ancien ministre ainsi qu’à certains dignitaires de l’actuel pouvoir. La fondation considère qu’il s’agirait de mesures de rétorsion faisant suite aux nombreuses dénonciations et demandes de poursuites judiciaires que Jules Alingete avait engagées, lorsqu’il dirigeait l’Inspection générale des finances, contre plusieurs personnalités soupçonnées de détournement des deniers publics.

Ces affirmations relèvent de la responsabilité de la FBCP et n’ont pas été étayées, dans le communiqué, par des éléments rendus publics permettant d’identifier les personnes visées.

Face à ce qu’elle présente comme un climat de tension susceptible de mettre en danger l’ancien chef de l’IGF, la Fondation Bill Clinton pour la Paix demande au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer la protection de Jules Alingete Key, de son épouse et des membres de sa famille.

Pour l’organisation, la crédibilité de l’État de droit se mesure autant à la rigueur des procédures judiciaires qu’à la capacité des institutions à protéger les agents publics ayant exercé leurs fonctions dans la lutte contre la corruption.

Cette nouvelle intervention de la FBCP intervient dans un contexte où les dossiers liés à la gouvernance financière et à la lutte contre la corruption continuent d’alimenter le débat public en République démocratique du Congo. Elle relance également les interrogations sur la protection institutionnelle des hauts responsables ayant conduit des enquêtes sensibles impliquant des personnalités influentes.

En attendant d’éventuelles réactions des autorités ou des personnes mises en cause par les déclarations de la FBCP, le dossier Jules Alingete demeure au centre des discussions sur l’indépendance de la justice, la lutte contre l’impunité et la consolidation de l’État de droit en République démocratique du Congo.

Rédaction

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