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À la tribune des Nations unies, la Russie a de nouveau établi un lien entre l’exploitation des ressources minières de la République démocratique du Congo et la persistance de l’insécurité dans sa partie orientale. Intervenant lors d’une réunion informelle du Conseil de sécurité de l’ONU, tenue selon la formule Arria sur le thème des ressources naturelles et de la paix, le représentant permanent adjoint de la Russie, Dmitry Chumakov, a estimé que la compétition autour des minerais stratégiques congolais constitue l’un des facteurs qui alimentent le conflit.

Selon le diplomate russe, « la lutte pour l’accès aux ressources minérales stratégiques du pays est l’une des raisons de la persistance de la crise » dans l’est de la RDC. Il a affirmé que des groupes armés et des acteurs étatiques se disputent le contrôle de l’extraction et du commerce illicite du coltan, du cobalt, du cuivre, de l’or et des diamants, avec, selon lui, une forte implication d’intérêts économiques extrarégionaux.

Pour Moscou, les initiatives visant à ramener une paix durable dans l’est de la RDC resteront insuffisantes tant que les États de la région des Grands Lacs ne mettront pas en place une réponse commune contre l’exploitation illégale et le trafic transfrontalier des ressources naturelles.

Dans cette perspective, Dmitry Chumakov a plaidé pour un renforcement de la coopération régionale, notamment à travers l’harmonisation des mécanismes de certification des minerais et une meilleure réglementation des chaînes d’approvisionnement, estimant que ces mesures contribueraient à réduire le financement des groupes armés.

Le représentant russe a, par ailleurs, rejeté l’idée selon laquelle il existerait un « déficit normatif » dans la réglementation internationale des ressources naturelles en période de conflit. Selon lui, le véritable défi réside plutôt dans « la perpétuation délibérée de foyers d’instabilité par ceux qui en tirent des avantages politiques et économiques ».

Au cours de son intervention, Moscou a également dénoncé ce qu’elle qualifie de politiques néocoloniales de certaines puissances occidentales, accusées de rechercher un accès privilégié aux ressources naturelles de plusieurs pays africains, dont la République démocratique du Congo.

Dans la foulée, la Russie a rappelé que la souveraineté permanente des États sur leurs ressources naturelles demeure un principe fondamental du droit international. Elle a insisté sur le fait que toute initiative internationale relative à la traçabilité des minerais ou à la gouvernance des ressources doit respecter le droit des États de gérer et de valoriser leurs richesses naturelles conformément à leurs priorités nationales.

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