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Une délégation des leaders des personnes avec handicap de la République démocratique du Congo, accompagnée par la Ministre déléguée en charge des Personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, Me Irène Esambo Diata, a été reçue ce jeudi par le Secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, le Professeur André Mbata, au siège national de cette plateforme présidentielle.

Cette rencontre avait pour objectif la remise officielle d’un mémorandum contenant l’argumentaire des personnes avec handicap en faveur d’un changement de la Constitution actuelle, jugée non conforme à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la RDC en 2015.

Dans leur document, les représentants des personnes avec handicap saluent les avancées enregistrées sous l’impulsion du Président de la République, notamment la création d’un portefeuille ministériel dédié aux personnes handicapées ainsi que diverses réformes institutionnelles et administratives destinées à promouvoir leurs droits et leur inclusion.

Cependant, ils estiment que ces efforts demeurent limités par les insuffisances de la Constitution du 18 février 2006, révisée en 2011. Selon eux, plusieurs dispositions de la loi fondamentale restent en contradiction avec les principes consacrés par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.

Les leaders des personnes avec handicap rappellent que cette Convention impose aux États parties l’adaptation de leurs cadres constitutionnels et légaux afin de garantir l’égalité des chances, l’accessibilité et la participation effective des personnes handicapées dans tous les domaines de la vie nationale.

Parmi les préoccupations soulevées figure l’absence de reconnaissance de la langue des signes parmi les langues nationales de la RDC. Les auteurs du mémorandum dénoncent également le manque de mécanismes constitutionnels favorisant la promotion de l’écriture Braille ainsi que l’insuffisante prise en compte des besoins spécifiques des personnes avec handicap dans plusieurs secteurs.

Ils regrettent par ailleurs que l’article 49 de la Constitution place les personnes avec handicap dans la même catégorie que les personnes du troisième âge et les retraités, une situation qu’ils considèrent comme une atteinte à leur statut social et à leur pleine citoyenneté.

Les représentants des personnes avec handicap soulignent également l’absence de quotas de représentativité dans les institutions publiques et privées, alors que cette mesure est encouragée par les instruments internationaux de protection des droits des personnes handicapées.

Autre point de préoccupation : la gratuité de l’enseignement. Selon eux, la Constitution limite cette garantie à l’enseignement de base, sans prendre suffisamment en compte les besoins des enfants handicapés nécessitant un enseignement spécialisé.

Pour les leaders des personnes avec handicap, ces insuffisances démontrent la nécessité d’adopter une nouvelle Constitution plus inclusive, capable d’intégrer les standards internationaux relatifs aux droits des personnes handicapées et de garantir leur pleine participation à la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays.

(Avec Celcom Min Pvh Apv)

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