À Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, le coût de la vie devient insoutenable. Face à l’explosion des prix des denrées alimentaires de première nécessité, le député provincial Fontaine Mangala sort du silence. L’élu pointe du doigt la gestion des autorités locales et identifie les causes majeures d’une crise qui asphyxie la population.
Le panier de la ménagère est en miettes à Kisangani. Symbole criant de cette crise : le gobelet de riz s’achète désormais au prix exorbitant de 23 000 FC. Devant cette surchauffe du marché qui frappe de plein fouet les Boyomais, le député Fontaine Mangala tire la sonnette d’alarme. Selon cet élu de la ville, cette hausse exponentielle des prix, notamment du riz et du fufu, n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe de failles managériales locales.
L’élu provincial articule sa charge autour de deux facteurs principaux.
Le scandale de l’axe routier Kisangani–Opala
Le premier blocage est logistique. Le territoire d’Opala, véritable grenier agricole de la province, est totalement enclavé. Pourtant, les fonds nécessaires au désenclavement existent.
« Le gouvernement central a mis 3 600 000 USD à la disposition de la province pour réhabiliter l’axe Kisangani–Opala depuis un an. Jusqu’ici, aucune réalisation n’est visible sur le terrain », dénonce Fontaine Mangala.
Face à l’inertie de l’exécutif provincial, le constat est amer : des tonnes de riz paddy pourrissent dans les zones de production, faute de voies d’évacuation.
Spéculation sur le carburant et tracasseries routières
Le second levier de cette crise est énergétique. Le député dénonce la mauvaise gestion des opérateurs pétroliers locaux ainsi qu’un « blocus organisé » aux entrées de la ville. Cette situation a provoqué une flambée artificielle du prix du carburant, entraînant, par effet domino, une hausse généralisée des tarifs de transport et des produits de base.
À cela s’ajoutent les tracasseries routières incessantes subies par les agriculteurs aux abords de la ville. Malgré les multiples interpellations adressées aux autorités urbaines et provinciales, ce racket institutionnalisé continue d’alourdir le coût final des produits sur les marchés.
L’exigence d’une action politique urgente
Pour Fontaine Mangala, ces blocages auraient pu être résolus localement avec un minimum de volonté politique. Refusant de rester indifférent face à la détresse sociale de ses concitoyens, le représentant du peuple promet de faire bouger les lignes.
« Nous allons continuer à nous concerter, mes collègues et moi, pour définir des pistes de solutions concrètes », insiste-t-il.
Alors que la colère gronde dans les foyers boyomais, l’interpellation du député sonne comme un ultimatum pour les autorités de la Tshopo, désormais placées face à leurs responsabilités.
Philippe Dephill Lipo



