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Un véritable tournant dans le monde médiatique en République démocratique du Congo.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a officialisé la levée de la mesure conservatoire qui encadrait la diffusion des activités de l’ancien président Joseph Kabila et des cadres du PPRD. Cette décision marque la fin d’un dispositif de régulation mis en place un an auparavant pour des impératifs de sécurité nationale.

La décision a été rendue publique le samedi 30 mai 2026 par le président du CSAC, Christian Bosembe, lors d’une intervention dans un débat en ligne. Une annonce inattendue en cette période où le pays est confronté aux débats houleux sur la révision constitutionnelle met fin aux restrictions appliquées depuis le 2 juin 2025. À partir de cette date, l’organe d’appui à la démocratie avait demandé aux médias nationaux de limiter la couverture des activités du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et de son autorité morale.

Le contexte de la décision

Le président du CSAC a précisé que la directive initiale répondait à des exigences de sécurité nationale émises par les institutions étatiques. L’objectif était de prévenir la surmédiatisation des déplacements politiques dans les provinces de l’Est de la République démocratique du Congo, alors en proie à l’instabilité sécuritaire liée à la rébellion du M23. Selon l’instance de régulation de la RDC, l’évaluation actuelle de la situation permet désormais d’annuler cette mesure conservatoire.

Le CSAC a toutefois rappelé que cette levée ne dispensait pas les professionnels des médias de leur devoir de vigilance. En ce sens, la diffusion de propos jugés subversifs ou de nature à légitimer des mouvements rebelles reste passible de sanctions administratives.

Réactions et portée juridique

Au sein du PPRD, les responsables politiques ont pris acte de cette décision tout en maintenant leurs critiques envers la mesure initiale, qu’ils qualifiaient de restriction injustifiée de l’espace d’expression de l’opposition. Les cadres du parti réfutent formellement les motifs de sécurité nationale avancés pour justifier ce suivi spécifique. Par ailleurs, sur le plan institutionnel, cette décision du régulateur des médias n’interfère pas avec le statut juridique du parti, dont les activités politiques demeurent suspendues par une décision distincte du ministère de l’Intérieur.

Un suivi étendu à l’ensemble de l’espace politique

Cette mise au point du CSAC s’inscrit dans un cadre global de suivi des discours politiques, en particulier autour des discussions actuelles sur la révision constitutionnelle. L’institution rappelle que l’ensemble des acteurs de l’opposition, incluant les formations de Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), de Martin Fayulu (Lamuka) et de Jean-Marc Kabund (Alliance pour le Changement), restent soumis aux mêmes règles de conformité face aux lois sur l’audiovisuel. Le Centre de monitoring du CSAC poursuit ses analyses quotidiennes afin de veiller à l’équilibre du débat public et au respect de l’ordre public.

À l’instar d’autres acteurs politiques de la République démocratique du Congo, les cadres du parti politique cher à Joseph Kabila vont émettre, au nom de la liberté d’expression et d’opinion, leurs avis et considérations sur la question brûlante relative au changement ou à la révision de la Constitution de 2006.

Dephill Lipo

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