Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement donné, ce mardi 11 août, le coup d’envoi des travaux du boulevard Étienne Tshisekedi wa Mulumba, une infrastructure routière appelée à transformer sensiblement la mobilité dans cette partie de la capitale.
Le nouvel axe prolongera le boulevard Triomphal sur environ 2,074 kilomètres, jusqu’à la place Bakayau, dans un secteur stratégique du district de la Funa. À terme, cette nouvelle artère devrait contribuer à désengorger certains axes routiers particulièrement sollicités et à offrir aux usagers une nouvelle liaison à travers cette partie de Kinshasa.
Le projet ne se limite pas à l’ouverture d’une nouvelle voie. Le futur boulevard sera aménagé en huit voies de circulation, soit quatre bandes dans chaque sens, avec l’objectif d’améliorer considérablement la fluidité du trafic. L’ouvrage prévoit également la construction d’un pont sur la rivière Basoko, élément essentiel de la continuité du nouvel axe routier.

Un important dispositif d’assainissement est également intégré au projet, avec environ 1 140 mètres de réseau de drainage destinés à améliorer l’évacuation des eaux et à réduire les risques d’inondation qui affectent régulièrement certains quartiers de Kinshasa.
Le projet comprend, par ailleurs, une bretelle d’accès destinée au ministère de la Défense, ainsi que plusieurs aménagements urbains destinés à améliorer l’expérience des usagers.
Sont notamment prévus :
- des trottoirs en pavés ;
- des arrêts de bus ;
- un éclairage public à technologie LED ;
- une signalisation routière complète ;
- des ouvrages d’assainissement ;
- les différents équipements nécessaires à la sécurisation et à la fonctionnalité de l’axe.
Un chantier à portée urbaine et économique
Au-delà de son caractère routier, le boulevard Étienne Tshisekedi est présenté comme une infrastructure structurante pour la capitale. Une meilleure circulation entre les différents quartiers concernés devrait faciliter les déplacements quotidiens des populations, réduire la pression sur certains axes existants et améliorer progressivement l’accessibilité de plusieurs zones urbaines.

Pour une métropole confrontée à une croissance démographique rapide et à une circulation de plus en plus dense, la création de nouveaux corridors routiers constitue un enjeu majeur de planification urbaine. Le chantier devrait ainsi participer à la reconfiguration progressive du réseau de mobilité de Kinshasa.
Un financement provincial et une exécution confiée à une entreprise chinoise
Selon les informations communiquées lors du lancement, le projet est financé par le gouvernement provincial de Kinshasa et son exécution est confiée à une entreprise chinoise. La supervision technique du chantier est assurée du côté provincial par le ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, sous la responsabilité du ministre provincial Alain Tshilungu.
Cette implication provinciale illustre également la volonté de renforcer les investissements structurants destinés à répondre aux défis de mobilité auxquels la capitale est confrontée.
Un hommage au père de l’UDPS
Le choix du nom du boulevard confère également à cette infrastructure une forte dimension mémorielle et politique. Baptisée Étienne Tshisekedi wa Mulumba, la nouvelle artère rend hommage à l’une des figures historiques de la vie politique congolaise et au père fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Présent à la cérémonie, le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya Tshilumba, a salué une réalisation qui, selon lui, constitue également un hommage à la mémoire de celui dont le combat politique et démocratique a profondément marqué l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo. Le nom donné à cette nouvelle infrastructure établit ainsi un lien symbolique entre mémoire politique et transformation urbaine.
Une cérémonie au sommet de l’État
Le lancement des travaux s’est déroulé en présence de plusieurs hautes personnalités de la République, parmi lesquelles la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les présidents des deux chambres du Parlement ainsi que plusieurs responsables politico-administratifs. La présence du chef de l’État à cette cérémonie traduit sans doute l’importance accordée à ce projet dans la stratégie de modernisation des infrastructures de la capitale.
Le véritable défi : transformer le chantier en ouvrage durable
Au-delà de l’annonce et du lancement officiel, l’attention se portera désormais sur l’exécution effective des travaux. Pour les Kinoises et les Kinois, l’enjeu sera surtout de voir cette infrastructure achevée dans les délais, avec la qualité technique annoncée, un système de drainage réellement fonctionnel, un éclairage entretenu et une circulation organisée.
La réussite du projet dépendra également de l’entretien futur de l’ouvrage, du respect des normes de sécurité routière et de la capacité des autorités à préserver durablement les emprises et les équipements aménagés.
Une nouvelle artère, un symbole
Avec le lancement du boulevard Étienne Tshisekedi, la ville qui a vu naître Félix Tshisekedi en 1963 poursuit donc sa transformation. Cette nouvelle infrastructure porte à la fois une ambition pratique — faciliter les déplacements et améliorer la mobilité — et une dimension symbolique, en inscrivant dans le paysage urbain le nom d’une figure majeure de l’histoire politique congolaise.
Reste désormais le plus important : faire du projet annoncé une réalité durable pour les millions de Kinois qui emprunteront demain cette nouvelle artère. Kinshasa construit ses routes ; le défi sera désormais de construire aussi leur durabilité.
Philippe Dephill Lipo



