Au moins 46 civils ont été tués dans l’attaque d’un camp des déplacés dans la nuit de dimanche à lundi en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris de sources locales.

Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), réseau d’analystes basés dans l’est de la RDC, a fait état d’ »au moins 46″ morts dans le camp de déplacés de Lala, en territoire de Djugu, en accusant la milice Codéco d’avoir commis cette attaque.

Un responsable de la société civile locale, Désiré Malodra, a avancé le même bilan de 46 morts, précisant que 23 étaient des enfants et que ce chiffre était provisoire puisque, a-t-il dit, « les recherchent continuent ».

Richard Dheda, responsable de la « chefferie » (entité administrative) de Bahema Badjere, où se trouve le camp attaqué, avait auparavant évoqué 41 morts et désigné lui aussi des miliciens Codéco comme les auteurs de ce massacre.

Une source militaire a avancé un bilan provisoire d’au moins 22 morts. L’ONU et le gouvernement congolais n’avaient quant à eux toujours pas communiqué sur le sujet en milieu d’après-midi, ce lundi 12 juin.

Les assaillants, arrivés au milieu de la nuit, « ont commencé à tirer des coups de feu, beaucoup de gens sont morts brûlés dans leurs maisons, d’autres ont été tués à la machette », a précisé Désiré Malodra.

Le site de Lala est situé à 5 km de Bule, où se trouve une base de Casques bleus des Nations unies.

La Codéco (« Coopérative pour le développement du Congo ») est une milice de plusieurs milliers d’hommes affirmant protéger la tribu Lendu face à une tribu rivale, les Hema.

Une attaque de cette milice contre une position de l’armée avait fait samedi sept morts (cinq enfants et deux femmes) parmi les civils dans le territoire voisin de Mahagi, toujours en Ituri.

Après une décennie d’accalmie, le conflit meurtrier en Ituri entre Hema et Lendu a repris depuis fin 2017, provoquant la mort de milliers de civils et la fuite de plus d’un million et demi de personnes.

Le précédent conflit entre milices communautaires avait fait des milliers de morts entre 1999 et 2003, jusqu’à l’intervention d’une force européenne, l’opération Artémis, sous commandement français.

Par ailleurs, des sources locales ont signalé lundi une nouvelle attaque de village attribuée aux ADF, rebelles affiliés au groupe État islamique, qui aurait fait au moins huit morts dimanche soir dans la province voisine du Nord-Kivu, à Kasindi, dans le territoire de Beni.

Jeudi dernier, une précédente attaque dans ce même territoire avait fait 12 morts, hommes, femmes et enfants. Selon le bureau de coordination humanitaire de l’ONU (OCHA), plus de 50 civils auraient été tués rien que durant le mois de mai dans le territoire de Beni.

(AFP)

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