La Fondation Manzonzo pour la Protection et la Promotion de l’Enfant (FOMAPE ONG) se prononce en faveur d’une révision de la Constitution de la République démocratique du Congo. Par la voix de son président, Symphorien Kadima, l’organisation estime que l’actuelle Constitution « a fait son temps » et ne répondrait plus pleinement aux réalités et aux défis actuels du pays.
Selon le président de la FOMAPE, cette Loi fondamentale, adoptée dans un contexte particulier, est perçue par certains comme une « Constitution des belligérants », issue d’une période de crise et d’arrangements politiques. Il considère donc qu’elle mérite aujourd’hui d’être réexaminée afin d’évaluer son adaptation aux réalités présentes et futures de la RDC.
La FOMAPE affiche ainsi un « oui » franc à l’idée d’une révision constitutionnelle. Pour Symphorien Kadima, il ne s’agit pas simplement de modifier un texte, mais d’engager une réflexion sérieuse sur l’avenir institutionnel et politique du pays.
« La Constitution a fait son temps. Elle a été conçue dans un contexte particulier et il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir à son adaptation aux réalités actuelles », estime en substance la Fondation.
Cette prise de position relance un débat qui demeure sensible en RDC. Une éventuelle révision constitutionnelle doit, selon plusieurs observateurs, respecter les mécanismes démocratiques et juridiques prévus par la Loi fondamentale elle-même, tout en garantissant une large consultation des forces vives de la nation.
La FOMAPE se dit également favorable au dialogue national prôné par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour l’organisation, ce dialogue doit impérativement se tenir en République démocratique du Congo, entre Congolais, et associer largement les différentes composantes de la société.
« Notre adhésion à l’idée du dialogue est totale. Ce dialogue doit se tenir au Congo, entre Congolais, et être élargi aux organisations non gouvernementales et aux autres forces vives de la nation », affirme la FOMAPE.
La Fondation insiste particulièrement sur la participation des organisations de la société civile, estimant que les ONG ne doivent pas être réduites au rôle de simples spectatrices dans les grandes décisions qui concernent l’avenir du pays. Pour elle, les organisations engagées quotidiennement sur le terrain, aux côtés des communautés, doivent pouvoir apporter leur expertise et porter la voix des populations.
Concernant la question cruciale de la facilitation d’un éventuel dialogue, la FOMAPE estime que la personnalité appelée à jouer ce rôle devra répondre à des critères exigeants.
Le facilitateur devrait être, selon l’organisation, un homme ou une femme d’une intégrité reconnue, impartial, crédible et capable de conduire les négociations jusqu’à leur aboutissement.
« Il faut une personnalité intègre, impartiale et capable de mener à bon port les négociations », souligne la Fondation Manzonzo.
Cette question est importante, car l’expérience de plusieurs processus de dialogue en Afrique et en RDC montre que la confiance accordée au facilitateur constitue souvent l’un des éléments déterminants de la réussite ou de l’échec des négociations.
Une ONG engagée dans le développement et la protection sociale
Au-delà de son positionnement sur les grandes questions politiques et institutionnelles, la FOMAPE ONG mène plusieurs actions dans les domaines du développement social, de l’éducation, de la santé et de l’environnement.
L’organisation développe notamment des initiatives dans le secteur éducatif à Mbuji-Mayi, où elle s’investit dans la réalisation et l’accompagnement de projets scolaires. Elle est également active dans le domaine de la santé, notamment à travers une initiative liée à une maternité dans cette même ville.
La Fondation intervient aussi dans le secteur environnemental, avec des actions menées sur le Plateau de Batéké, un espace stratégique confronté notamment aux défis de la déforestation et de la dégradation de l’environnement.
Son siège est établi à Kinshasa, dans la commune de Kasa-Vubu, rappelle-t-on.
En définitive
À travers cette sortie médiatique, la FOMAPE ne se limite pas à dire « oui » à la révision constitutionnelle. Elle pose surtout une question plus profonde : comment adapter les institutions congolaises aux réalités d’aujourd’hui et construire un avenir politique plus consensuel, inclusif et stable ?
Pour la Fondation Manzonzo, la réponse passe par un dialogue véritablement congolais, organisé sur le territoire national et ouvert non seulement aux acteurs politiques, mais également à la société civile et aux organisations non gouvernementales.
La FOMAPE semble ainsi appeler à une idée simple, mais forte : l’avenir de la RDC ne devrait pas se construire sans les Congolais, ni sans l’écoute de toutes les composantes de la nation.
AMK



