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Denis Mukwege est monté au créneau contre toute initiative visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique le 17 mai, le Prix Nobel de la Paix dénonce un débat qu’il juge dangereux pour la démocratie congolaise, alors que des voix évoquent une possible révision constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

Dans ce document, Denis Mukwege rappelle que le second mandat du président de la République arrive à son terme le 20 janvier 2029 et estime que toute tentative de modification des dispositions constitutionnelles relatives aux mandats présidentiels constituerait une menace pour l’alternance démocratique.

Le gynécologue congolais affirme que la RDC traverse déjà une crise sécuritaire, politique et sociale profonde, notamment dans sa partie orientale, confrontée aux violences armées et à l’instabilité persistante. Selon lui, engager un débat sur la révision constitutionnelle dans ce contexte risquerait d’accentuer les tensions nationales.

« Les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en RDC », avertit-il, accusant la majorité au pouvoir de chercher à consolider son emprise politique au mépris des dispositions constitutionnelles.

Denis Mukwege critique également les spéculations autour d’un éventuel report des élections prévues en 2028 pour des raisons sécuritaires. Il estime qu’il serait incohérent d’évoquer l’insécurité dans l’Est du pays pour justifier un glissement du calendrier électoral tout en envisageant simultanément l’organisation d’un référendum constitutionnel.

Dans sa déclaration, il rejette par ailleurs les discours remettant en cause la légitimité de l’actuelle Constitution, souvent qualifiée par certains acteurs politiques de « Constitution des étrangers ». Pour lui, la crise congolaise relève avant tout d’un déficit de gouvernance plutôt que d’un problème lié au texte constitutionnel.

Le Prix Nobel appelle ainsi les Congolais à défendre les principes démocratiques et à rester mobilisés contre toute « dérive autoritaire ». Il exhorte également les autorités à concentrer leurs efforts sur les priorités sécuritaires et sociales, notamment la restauration de la paix dans l’Est du pays et le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

S’appuyant sur les articles 219 et 220 de la Constitution, Denis Mukwege souligne qu’aucune révision constitutionnelle ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège, et rappelle que le nombre ainsi que la durée des mandats présidentiels ne peuvent faire l’objet d’aucune modification constitutionnelle.

Par ailleurs, il appelle les forces vives de la Nation à préserver l’unité du pays et à défendre l’État de droit. « Les Congolaises et les Congolais doivent rejeter toute tentative de dérive autoritaire », insiste-t-il, reprenant le slogan : « Touche pas à ma Constitution ! ».

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