Avec l’appui du Gouvernement du Japon, dans le cadre du budget supplémentaire de suivi de la Neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), la FAO poursuit la mise en œuvre du projet « Renforcement de la résilience des coopératives agricoles face aux conflits et aux défis climatiques grâce à des solutions technologiques innovantes » dans le territoire de Kwamouth, en province du Maï-Ndombe.
Une étape déterminante de sa mise en œuvre vient d’être franchie avec le déploiement des opérations de ciblage, d’identification et d’enregistrement des bénéficiaires, conduites avec les communautés locales et les autorités compétentes, afin de garantir une assistance transparente, participative et ciblée au profit des ménages agricoles les plus vulnérables.
Répondre à une insécurité alimentaire persistante
Cette intervention s’inscrit dans un contexte où les conflits, les déplacements de populations et les chocs climatiques continuent de fragiliser les moyens d’existence des communautés rurales.
Selon les dernières analyses du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), près de 26,6 millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en République démocratique du Congo au cours du premier semestre 2026.

Dans la province du Maï-Ndombe, environ 448 500 personnes sont classées en Phase 3 de l’IPC ou plus. Dans le territoire de Kwamouth, la perturbation des activités agricoles, les déplacements de populations, les difficultés d’accès aux terres et aux intrants ainsi que l’exposition accrue aux aléas climatiques compromettent la capacité des ménages à produire leur alimentation et à reconstituer durablement leurs moyens d’existence.
Restaurer les moyens d’existence grâce à une agriculture plus résiliente
Le projet apportera un appui direct à 200 ménages agricoles vulnérables, représentant près de 1 200 personnes, avec une attention particulière portée aux femmes, aux jeunes, aux personnes retournées et aux coopératives agricoles.
Les bénéficiaires recevront des semences adaptées au contexte agroécologique, des outils agricoles, un accompagnement technique de proximité ainsi qu’un appui à l’adoption de pratiques agricoles résilientes face aux changements climatiques.
« Cette initiative intervient à un moment décisif pour les ménages agricoles de Kwamouth, qui s’efforcent de reconstruire leurs moyens d’existence face aux conflits, aux déplacements et aux chocs climatiques. Au-delà des semences et de la technologie, ce projet vise à restaurer la dignité, la résilience et l’espoir au sein de communautés ayant traversé de profondes épreuves », a déclaré Ibrahim Abdoul Nasser, Représentant adjoint de la FAO en République démocratique du Congo.
Des technologies innovantes au service des producteurs
Au-delà de l’assistance agricole, le projet introduira des solutions numériques destinées à améliorer le suivi des cultures et la gestion des risques agroclimatiques.
La plateforme CropScope, développée par NEC Corporation, permettra notamment de suivre l’évolution des parcelles à partir de données satellitaires, d’accéder à des informations météorologiques et agroclimatiques et de produire des alertes utiles à la prise de décision.
Ces données permettront aux producteurs et aux services techniques, d’anticiper plus efficacement les risques climatiques, d’adapter les pratiques agricoles et de prendre des décisions mieux informées, afin de protéger les cultures et d’améliorer leur productivité.
Une contribution catalytique à la consolidation de la paix
Le projet s’inscrit en complémentarité des efforts engagés dans le cadre du programme soutenu par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF), mis en œuvre conjointement par la FAO, ONU-Habitat, l’Organisation internationale pour les migrations et le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme dans les zones affectées par la crise de Kwamouth.
En s’appuyant sur les mécanismes de coordination et de mobilisation communautaire déjà établis, le soutien du Gouvernement du Japon renforce la dimension agricole et technologique de la réponse et amplifie les effets des investissements déjà engagés en faveur de la résilience des communautés.
En associant relèvement agricole, innovation numérique et engagement communautaire, cette intervention illustre la manière dont l’agriculture peut contribuer à réduire les facteurs de vulnérabilité, renforcer la cohésion sociale et soutenir durablement les efforts de consolidation de la paix.
Elle témoigne également de la valeur ajoutée des partenariats entre le Gouvernement du Japon, la FAO et les autres agences du système des Nations Unies, pour promouvoir des solutions intégrées, résilientes et porteuses de développement durable en République démocratique du Congo.
Le Japon se félicite d’accompagner la FAO
Dans son intervention, l’Ambassadeur Hidetoshi OGAWA, a fait savoir que le Japon se félicite dans la mise en œuvre de cette initiative, qui traduit l’engagement commun en faveur de la sécurité humaine, de la résilience des communautés rurales et d’une paix durable.
Il s’est dit très ravi que cette initiative soit mise en œuvre en utilisant la technologie numérique, domaine dans lequel le Japon possède un avantage comparatif, et qu’elle puisse jouer un rôle central, comme l’a mentionné Son Excellence Monsieur le Président de la République Félix Tshisekedi, dans le Plan National Numérique (PNN), pour faire du Numérique congolais un levier d’intégration, de bonne gouvernance, de croissance économique et de progrès social. « En soutenant l’innovation agricole et les moyens d’existence des populations affectées par les conflits et les changements climatiques, nous investissons dans un avenir plus stable et plus prospère pour les communautés de Kwamouth et de la République démocratique du Congo. », a encore souligné le diplomate nippon, Hidetoshi OGAWA.
José Wakadila



