Alors que le spectre du virus Ebola plane à nouveau sur la République démocratique du Congo, une voix s’élève, ferme et déterminée, depuis les États-Unis. Patience Kimina Phongo, présidente de la Diaspora congolaise émergente (DCE) et initiatrice du mouvement patriotique Courant 66 (C66), somme les autorités congolaises de sortir de l’inertie.
Pour cette figure engagée, l’heure n’est plus aux tergiversations. Face à une menace sanitaire d’une telle ampleur, le gouvernement congolais a le devoir impérieux d’agir. Banaliser les risques, dans un pays où la densité démographique et les défis d’assainissement sont criants, relève de l’inconscience.
Kinshasa : une poudrière sanitaire
Patience Kimina Phongo pointe du doigt la gestion chaotique des espaces publics à Kinshasa. Pour l’enseignante et chercheuse, l’insalubrité endémique de la capitale — marquée par la prolifération des dépotoirs sauvages et une gestion des déchets quasi inexistante — constitue un terreau fertile pour une catastrophe sanitaire.
« Lorsque les vecteurs du virus entrent en contact avec des zones exposées à des déchets non gérés, dans une mégalopole aussi dense que Kinshasa, le risque de propagation devient incontrôlable. Nous ne pouvons plus tolérer cette passivité », martèle-t-elle.
L’exigence de l’anticipation
À travers la DCE et le mouvement C66, elle rappelle une vérité fondamentale : face aux épidémies, la prévention est notre unique rempart. Attendre l’aggravation de la situation pour réagir serait une faute politique lourde, dont les premières victimes seraient, une fois de plus, les familles les plus précaires.
Patience Kimina Phongo exige du gouvernement des mesures immédiates :
- Mobilisation sanitaire : renforcement immédiat des dispositifs préventifs dans tous les lieux publics ;
- Assainissement radical : mise en place d’une stratégie urgente de collecte et de gestion des déchets ;
- Sensibilisation massive : campagnes nationales d’information pour guider les populations sur les gestes barrières ;
- Contrôles accrus : surveillance rigoureuse des points de vulnérabilité.
« Patriotes avant tout »
Loin des clivages partisans qui paralysent souvent le débat public en RDC, Patience Kimina Phongo réaffirme l’indépendance de sa démarche :
« Nous ne sommes ni du pouvoir ni de l’opposition. Nous sommes des patriotes. Lorsque le peuple est en danger, notre responsabilité est d’alerter, de secouer les consciences et d’exiger des comptes. »
Depuis l’étranger, elle continue de scruter les réalités du pays avec une vigilance accrue. Cet appel n’est pas seulement une recommandation ; c’est une sommation à la responsabilité. Pour Patience Kimina Phongo, la protection de la vie humaine ne souffre d’aucun délai. Il est impératif d’agir avant que la menace ne se transforme en drame national irréversible.
Philippe Dephill Lipo



