En RDC, l’Église du Réveil appelle à une grande marche citoyenne le 5 juin à Kinshasa pour défendre le projet de révision constitutionnelle, en réponse au mot d’ordre de « ville morte » lancé par l’opposition.
Le débat sur la révision de la Constitution prend une tournure religieuse et citoyenne en République démocratique du Congo. L’évêque Pascal Mukuna a annoncé la tenue d’une marche pacifique le vendredi 5 juin prochain à Kinshasa. Objectif affiché : soutenir le projet de réforme constitutionnelle porté par plusieurs hauts cadres de l’Église du Réveil du Congo (ERC).
S’exprimant au nom de l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de l’ERC, le leader de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK) a précisé que cette mobilisation vise avant tout à faire œuvre de pédagogie. Face à la polarisation de la classe politique, les organisateurs souhaitent expliquer au public les « limites » du texte fondamental actuel, promulgué en 2006.
Une démonstration de force vers le Palais du Peuple
Les manifestants prévoient de converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement, où une déclaration officielle sera lue. L’évêque Mukuna a fermement rejeté les accusations de l’opposition, qui voit dans cette démarche une tentative d’octroyer un nouveau mandat au chef de l’État.
« On vous trompe. Nous allons nous rassembler pour que personne ne soit désorienté par les discours affirmant que la nouvelle Constitution vise uniquement à accorder un mandat supplémentaire au Président de la République », a martelé le prélat.
Les contours logistiques et la ligne de communication de cet événement ont été finalisés le 28 mai dernier, lors d’une réunion stratégique présidée par l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia.
Un climat politique sous haute tension
Cette initiative de l’ERC s’inscrit dans un calendrier politique particulièrement électrique. Le climat s’annonce lourd dans la capitale congolaise : à peine 48 heures avant cette marche, le 3 juin, la coalition de l’opposition « C64 » prévoit de paralyser le pays avec une journée « ville morte » afin de faire barrage à tout changement constitutionnel.
Cette double mobilisation, religieuse d’un côté et politique de l’autre, témoigne de la fracture grandissante en RDC autour de l’avenir des institutions du pays.
Philippe Dephill Lipo



