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Dans une déclaration faite ce vendredi 8 mai, Martin Fayulu, figure de proue de l’opposition congolaise, a fustigé les velléités de révision constitutionnelle portées par le camp présidentiel. Entre accusations de “braquage juridique” et mise en garde contre un troisième mandat de Félix Tshisekedi, le leader de l’ECiDé appelle à la résistance démocratique.

Le cœur de la colère de Martin Fayulu réside dans la proposition de loi référendaire portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy. Pour l’opposant, il ne s’agit pas d’une simple initiative législative, mais d’une « porte dérobée » destinée à vider de sa substance l’article 220 de la Constitution, qui verrouille notamment le nombre de mandats présidentiels.

Selon Fayulu, cette proposition contient une contradiction flagrante : tout en affirmant respecter les articles intangibles, elle introduirait (via les articles 87 à 90) un mécanisme permettant de remettre en cause ce qui est déclaré « irrévisable » sous prétexte de « dysfonctionnement majeur ».

« Une Constitution qui cède à la crise cesse d’être une Constitution. Elle devient un simple outil de circonstance au service du pouvoir », a-t-il martelé.

L’enjeu politique est clair pour l’opposant : permettre à Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028.

Martin Fayulu établit un parallèle direct avec le combat mené autrefois contre Joseph Kabila, rappelant le slogan populaire : « Commandant du peuple, en 2028, alinga to alinga te, akokende » (qu’il le veuille ou non, il devra partir).

Il accuse par ailleurs le pouvoir de « souffler le chaud et le froid », suggérant que l’insécurité persistante dans l’Est du pays, marquée par les massacres et l’occupation du M23/AFC, pourrait servir de prétexte pour entraver l’organisation des élections de 2028.

Face à ce qu’il qualifie de « dérive grave », Martin Fayulu ne se contente pas de protestations politiques. Il estime que les promoteurs de ces dispositions devraient « répondre de leurs actes devant la justice » pour atteinte aux fondements de l’ordre constitutionnel.

En outre, il a lancé un appel à la responsabilité de Félix Tshisekedi, l’exhortant à ne pas entrer dans l’histoire comme celui qui aura fragilisé la cohésion nationale. Pour Fayulu, la survie de la République Démocratique du Congo, dans ses frontières de 1960, passe par deux piliers :

  1. Le respect strict de la limitation des pouvoirs.
  2. La tenue d’un dialogue national inclusif, présenté comme la « seule solution » pour préserver l’unité et la souveraineté du pays.

La rédaction

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