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Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, a vivement critiqué le bilan de Joseph Kabila. C’était dimanche 11 octobre, lors d’un Space live animé par Stanis Bujakera Tshiamala. Le cadre de l’UDPS/Tshisekedi y débattait avec le professeur Tharcisse Loseke, de la plateforme Sauvons la RDC.

Selon lui, l’ancien chef de l’État a « manqué une rare occasion » avec son discours du 9 octobre. Il le juge sans « aucune légitimité » pour critiquer la gestion du pays, dont il serait « le modèle par excellence de la médiocrité ».

Un bilan sécuritaire et démocratique contesté

Pour Jean-Claude Tshilumbayi, le tableau d’un pays stable, pacifié et prospère que dresse Joseph Kabila montre qu’il s’était « bunkérisé » durant ses 18 années au pouvoir. Il rappelle la situation qu’il estime avoir été laissée en 2019 :

  • le Kasaï ravagé par le conflit Kamuina Nsapu ;
  • l’Ituri « en feu » ;
  • l’insécurité au Sankuru ;
  • des villes envahies par les « kulunas » ;
  • des élections reportées à Yumbi et à Beni à cause des violences.

Il dénonce aussi un climat de répression : coupures récurrentes d’Internet, résultats électoraux « proclamés sur des chars de combat » et rapports « accablants » sur les tueries. Il cite notamment l’assassinat de l’expert de l’ONU Michael Sharp au Kasaï.

Économie : chiffres à l’appui

Sur le plan économique, l’élu oppose deux situations. À la fin du régime Kabila, le PIB nominal était de 40 milliards de dollars et les réserves de change de 800 millions. Aujourd’hui, le PIB avoisinerait 140 milliards et les réserves 8,5 milliards.

Il conteste aussi l’idée d’un pays laissé sans dette. Selon lui, Joseph Kabila aurait légué environ 5 milliards de dollars de dette, contre quelque 16 milliards actuellement, un niveau qu’il juge « soutenable » au regard de la taille de l’économie. Il attribue l’effacement de la dette obtenu sous l’ancien régime à la « philanthropie » internationale envers un pays « sous anesthésie ».

Il range également parmi les dettes héritées :

  • les 600 000 enseignants restés impayés pendant des années ;
  • les arriérés de près de 40 mois dus aux diplomates, que le pouvoir actuel serait en train d’apurer.

Il juge enfin les budgets de l’époque « stagnants et irréels, parce que jamais exécutés », en se référant aux lois de reddition des comptes.

« Un long songe »

Jean-Claude Tshilumbayi accuse par ailleurs l’ancien président d’avoir multiplié les universités par « marchandise politique », avec des étudiants qui suivaient les cours « sous les arbres ». À ses yeux, le discours du 9 octobre a « révélé l’homme » : un dirigeant resté dans « un long songe », plus présent dans ses fermes de Kingakati et de Kashamata que dans les réalités du pays.

Une version contestée

Tharcisse Loseke a contesté ces affirmations durant le même débat. Selon lui, le régime Kabila avait laissé environ 3 milliards de dollars de réserves de change. Il a aussi dénoncé une dette qui avoisinerait aujourd’hui 18 milliards de dollars.

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