L’histoire actuelle de l’espace public congolais est traversée par un cycle porté par quatre instances dans une maille à prégnance mouvante et à dominance pivotante. Il s’agit notamment de l’instance de guerre, l’instance de dialogue, l’instance de modernisation sous le phénomène de contractualisation et l’instance de dialogue. L’arrivée de Félix-Antoine Tshisekedi est marquée par des rites d’inversion morale, ou simplement des renversements paradigmatiques, qui comprennent quatre variables, notamment éthique, cognitive, émotionnelle et symbolique.
La RD Congo veut entrer dans son nouveau cycle d’inversion morale avec le dialogue inclusif.
Le premier cycle est lié à la consécration de la RDC à Dieu, par un culte œcuménique au Stade des Martyrs. Le deuxième cycle coïncide avec le renversement de la coalition FCC/CACH avec l’arrivée d’une autre majorité politique. Et le troisième veut s’ouvrir autour du Dialogue inclusif.
Chaque cycle d’inversion morale a son propre langage, déterminations, visées et méthodes, sa structure historique, etc. L’allocution, qui en fixe les termes, porte plusieurs marqueurs. Ces derniers veulent renverser les méthodes, les objectifs, les trajectoires, les composantes devant participer à ce dialogue. Cependant, ce dernier rite d’inversion morale a mis à découvert les contradictions multiples pour l’opinion publique.
À titre de rappel, la notion de « peuple » est éminemment une équation politique. L’offre et la demande de ce nouveau marché de dialogue inclusif obéissent à une nouvelle dynamique sociale avec des rites d’inversion morale qui reposent désormais sur :
- Le rejet de l’adoption de la loi de trois échelles pour le Rwanda liée à la participation à trois assises (Doha, aux USA et à Kinshasa). Cette participation constitue une architecture d’aliénation de la souveraineté au profit de la domination étrangère traduite par la logique de l’influence comme un État sous tutelle en état de sous-traitance.
- L’adoption de la participation du peuple contre le refus sollicité pour éviter de consacrer « l’apartheid politique » dans le corps social congolais.
- Le rejet de l’ambiguïté définitionnelle et sémantique comme ligne de force cherchant une chose et son contraire à la fois.
- La destruction des marques de l’ambivalence et de la versatilité dans le parcours introduisant une variation des motivations.
- Le refus monumental de la sanction par la réduction au degré zéro la responsabilité des actes répréhensibles.
- Le refus d’un retour au cycle de l’infiltration à ciel ouvert.
Le politique congolais n’aime pas le changement et se contente essentiellement de la vieille reproduction. Et cette classe politique a oublié le basculement au tout numérique absent à la Conférence nationale souveraine et à Sun City, peu répandu à l’époque de la Saint-Sylvestre.
Ce cycle de Dialogue Inclusif nous convie à une rupture profonde pour refonder l’État.
Rassurons-nous, la marche du pays est principalement entre les mains du pouvoir public, en dépit du regard des autres membres du corps social congolais. Et l’opposition politique peut trouver des excuses quant à la cause commune et la « fusion des horizons » pour la refondation de l’État étant donné que le pouvoir public est entièrement comptable devant le peuple congolais.
Professeur Achille BUNDJOKO Iyolo
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication



