Chargement...

globalnewsrdc

L’alerte est sérieuse. À l’extrême nord de la République démocratique du Congo, plus de 500 kilomètres de frontière avec la République centrafricaine seraient aujourd’hui sans véritable dispositif de contrôle. Dans le territoire d’Ango, province du Bas-Uele, des milliers de personnes fuyant les combats en Centrafrique traversent vers le sol congolais, dans un contexte sécuritaire jugé préoccupant.

Les affrontements opposent le gouvernement de Bangui à la rébellion Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG). Selon la députée nationale et Questeure Adjointe de l’Assemblée Nationale, Grâce Neema, actuellement en mission au poste frontalier de Pasi, ces flux de réfugiés s’effectuent sans encadrement structuré. Elle affirme avoir recueilli des témoignages faisant état de circulation d’armes et de munitions parmi certains arrivants.

« Ils sont des milliers à franchir la frontière avec leurs bagages, sans subir de contrôle. Des témoins évoquent la présence d’armes. Il est impératif d’organiser un tri », alerte l’élue d’Ango. Elle souligne que la rébellion centrafricaine est majoritairement composée d’Azandé, une communauté partageant langue et attaches culturelles avec les Azandé de RDC, ce qui facilite les mouvements transfrontaliers, déjà rendus aisés par la porosité ancienne de cette frontière.

Une région historiquement exposée

Le Haut-Uele et le Bas-Uele ne découvrent pas la menace des incursions armées. Depuis plus de deux décennies, ces provinces ont subi les exactions de groupes rebelles étrangers, de la LRA ougandaise aux factions issues de l’ex-Séléka centrafricaine. Les populations locales gardent le souvenir de villages attaqués, de déplacements forcés et d’un sentiment d’abandon sécuritaire.

Pour la Questeure adjointe de l’assemblée nationale, Grâce Neema, la situation actuelle pourrait raviver ce cycle d’instabilité si aucune mesure préventive n’est prise. Elle appelle au déploiement urgent des services de sécurité, à l’identification systématique des personnes traversant la frontière et au désarmement de tout élément armé.

Entre urgence humanitaire et impératif sécuritaire

Si l’organisation Médecins Sans Frontières a annoncé sa présence pour répondre aux besoins humanitaires, l’élue insiste sur la nécessité d’une réponse globale de l’État. « Il faut prévenir ici ce qui se passe ailleurs », prévient l’élue d’Ango, en référence aux crises sécuritaires persistantes dans l’est du pays.

Au-delà de l’afflux de réfugiés, c’est la question du contrôle effectif du territoire national qui se pose. Dans cette zone reculée, le long de la rivière Mbomu qui marque partiellement la frontière entre les deux pays, l’absence prolongée des services de l’État nourrit les inquiétudes.

Face à cette nouvelle tension à la frontière, Kinshasa est désormais interpellée. Pour les habitants d’Ango et des Uele, il ne s’agit pas seulement d’une crise humanitaire importée, mais d’un possible tournant sécuritaire qui pourrait, une fois de plus, faire basculer la région dans la violence.

Please follow and like us:
Pin Share