L’intelligence artificielle gagne du terrain en République démocratique du Congo. Selon la deuxième édition de l’étude réalisée par le cabinet Target Sarl, la notoriété de l’IA est passée de 54 % en 2025 à 61 % en 2026, tandis que son utilisation a presque doublé en un an.
Réalisée du 16 au 22 mars 2026 auprès de 2 280 personnes âgées de 18 ans et plus dans les 26 chefs-lieux de province, l’étude met en évidence une appropriation croissante des outils d’intelligence artificielle, malgré des écarts importants selon l’âge, le sexe et les régions.
Une notoriété en progression
En 2026, 61 % des personnes interrogées déclarent connaître l’intelligence artificielle, contre 54 % un an plus tôt, soit une progression de 7 points.
Cette notoriété reste toutefois inégalement répartie. Les hommes sont davantage exposés à l’IA, avec un taux de 69 %, tandis que les personnes âgées de 50 ans et plus affichent un taux de notoriété de 45 %.
Sur le plan géographique, le Grand Kivu arrive en tête avec 72 %, devant le Grand Katanga (68 %) et Kinshasa (62 %). Le Grand Kasaï et la Province Orientale ferment la marche avec 53 %.
Parmi les outils cités, ChatGPT domine largement. L’application d’OpenAI est connue par 62 % des répondants, devant Gemini (20 %) et Copilot (8 %).
L’usage de l’IA connaît une forte accélération
Au-delà de la notoriété, l’étude révèle surtout une progression importante de l’utilisation effective des outils d’IA. Celle-ci est passée de 24 % en 2025 à 47 % en 2026, soit une hausse de 23 points.
Les jeunes de moins de 35 ans constituent le principal moteur de cette progression, avec un taux d’utilisation supérieur à 50 %. Chez les personnes âgées de 50 ans et plus, l’usage a également fortement progressé, atteignant 29 %.
L’écart entre les sexes demeure néanmoins marqué : 54 % des hommes interrogés utilisent des outils d’IA, contre 41 % des femmes.
Dans le classement des applications effectivement utilisées, ChatGPT conserve une nette avance avec 59 % des utilisateurs, contre 14 % pour Gemini et 5 % pour Copilot. Par ailleurs, 23 % des personnes interrogées déclarent ne recourir à aucune application d’intelligence artificielle.
Les disparités régionales restent également importantes. Le Grand Katanga affiche le taux d’utilisation le plus élevé, à 63 %, suivi du Grand Kivu avec 58 %. Kinshasa se situe à 34 %.
Une perception globalement favorable
L’étude fait également ressortir une perception majoritairement positive de l’intelligence artificielle en RDC. Une large partie des personnes interrogées se disent curieuses, intéressées ou en phase d’apprentissage face à cette technologie.
Cette perception favorable coexiste toutefois avec certaines inquiétudes. Les questions éthiques constituent la principale préoccupation exprimée, tandis que l’impact potentiel de l’IA sur l’emploi figure également parmi les sujets d’inquiétude.
Des défis pour accompagner l’adoption
Pour Target Sarl, cette progression de la notoriété et des usages appelle un accompagnement adapté, notamment dans le cadre de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (SNIA).
L’étude recommande notamment de mieux vulgariser les bénéfices de l’IA auprès de la population, mais aussi de renforcer les échanges avec les secteurs éducatif et privé. Elle préconise également de diversifier les usages, au-delà de l’IA générative et conversationnelle, en favorisant notamment le développement de solutions d’IA prédictive et agentique.
En quelques années, l’intelligence artificielle semble ainsi passer progressivement du statut de technologie émergente à celui d’outil de plus en plus présent dans le quotidien des Congolais. Reste désormais à accompagner cette adoption par la formation, l’encadrement et le développement d’usages adaptés aux réalités locales.



