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Le Dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ne sera pas ouvert sans conditions à toutes les forces politiques. Dans son adresse à la nation ce jeudi 27 août, le chef de l’État a posé des lignes rouges, excluant de fait toute participation comme composante politique aux groupes qui, au moment de l’ouverture du processus, recourront aux armes contre l’État congolais.

Félix Tshisekedi a d’abord réaffirmé sa volonté d’ouvrir le processus à toutes les sensibilités, indépendamment des appartenances politiques, communautaires ou religieuses.

« Nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion. Mais nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la Nation tout en prenant les armes contre elle. Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît au citoyen. Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique. Aucun mouvement armé ne pourra invoquer l’inclusivité pour imposer par la force ce qu’il n’a pas obtenu par les voies démocratiques », a-t-il déclaré.

Les groupes armés écartés

Le président de la République a ensuite précisé les catégories de participants qui ne pourront pas prendre part au Dialogue en qualité de composantes politiques. Sont notamment concernés ceux qui combattent l’ordre constitutionnel par les armes, occupent des territoires par la force ou administrent illégalement des entités de l’État.

Le chef de l’État a également cité les groupes qui, selon lui, agissent au service d’une puissance étrangère, désignant explicitement le Rwanda.

« Ne pourront donc pas participer à ce Dialogue en qualité de composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda. Cette règle ne constitue pas une exclusion fondée sur les personnes, les opinions ou les appartenances. Elle exprime la réprobation de la Nation à l’égard de ceux qui mènent la guerre contre la République, ses institutions et ses citoyens, tout en revendiquant les droits attachés à la vie démocratique », a martelé Félix Tshisekedi.

À travers ces critères, Félix Tshisekedi entend établir une distinction entre le débat politique, qu’il souhaite inclusif, et le recours à la violence armée, qu’il refuse de voir transformé en moyen d’accès à la légitimité politique.

Le processus doit, selon les orientations annoncées par le chef de l’État, débuter par des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Les populations, les forces politiques, la société civile, les autorités coutumières et religieuses ainsi que les milieux économiques, universitaires et scientifiques doivent être associés à cette phase préparatoire.

A en croire Félix Tshisekedi, l’objectif est de faire du Dialogue un espace de recherche de solutions politiques, sans permettre que les armes deviennent un moyen de négociation ou un raccourci vers la légitimité démocratique.

La rédaction

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