Le gouvernement congolais monte au créneau face à la dégradation de la situation dans les territoires occupés par les Forces de défense rwandaises (RDF) et les combattants de l’AFC/M23. Dans un communiqué publié ce lundi, le ministère de la Communication et des Médias dénonce une série d’exactions contre les populations civiles, qu’il qualifie de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.
Selon les données consolidées par les services compétents, plus de 300 personnes ont été tuées au cours des mois de juin et juillet 2026, lors d’exécutions sommaires, de massacres et de bombardements. Le gouvernement fait également état de centaines de cas de viols, de plus de 300 actes de torture, dont certains auraient ciblé des élèves, ainsi que de nombreux enlèvements et recrutements forcés.
À ces violences s’ajoutent, selon Kinshasa, des incendies d’habitations et des pillages dans plusieurs localités. Le gouvernement accuse ainsi les forces rwandaises et leurs supplétifs de mener des violences organisées contre les populations civiles vivant dans les zones sous leur contrôle.
Kinshasa alerte sur des mouvements de populations
Le gouvernement congolais dénonce également ce qu’il présente comme un processus organisé de déplacement et d’installation de populations dans les territoires occupés.
Il cite notamment le cas de plus de 100 familles d’origine rwandaise, qui auraient franchi, le 10 août dernier, la frontière par la piste de Kabuhanga, dans le territoire de Nyiragongo, avant d’être installées à Rwibiranga, dans le groupement de Buhumba.
Pour Kinshasa, cette opération contribuerait à une modification de la composition démographique du territoire congolais et s’inscrirait dans une dynamique plus large de remise en cause de l’intégrité territoriale de la RDC.
L’éducation et la santé également dans le viseur
Le gouvernement dénonce par ailleurs plusieurs mesures imposées dans les zones occupées, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
Dans les écoles primaires et maternelles, des frais seraient exigés depuis la rentrée scolaire 2025-2026, en contradiction avec le principe de gratuité de l’enseignement primaire. Kinshasa évoque également un prélèvement de 17 % sur les recettes trimestrielles des établissements scolaires.
Dans le secteur sanitaire, les autorités congolaises font état de taxes et d’impôts qu’elles qualifient d’illégaux, imposés aux établissements hospitaliers publics et privés. Des pratiques qui, selon le gouvernement, pourraient davantage fragiliser l’accès aux soins dans des zones déjà fortement affectées par le conflit.
La nomination de responsables dans des établissements d’enseignement supérieur et universitaire est également dénoncée comme une tentative d’installer une administration parallèle dans les territoires occupés.
Kinshasa rappelle ses exigences
Face à cette situation, le gouvernement congolais rappelle que les actes dénoncés constituent, selon lui, une violation de la Charte des Nations unies, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Il s’appuie notamment sur la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle au retrait du M23 des zones qu’il contrôle, à la fin du soutien rwandais au mouvement ainsi qu’au retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Kinshasa estime également que les exactions dénoncées compromettent les engagements pris dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha.
« Aucun de ces crimes ne restera impuni »
Le gouvernement congolais assure enfin qu’il entend poursuivre les responsables présumés des crimes dénoncés. « Aucun de ces crimes ne restera impuni », affirme-t-il, en promettant que les auteurs, coauteurs, commanditaires et complices seront appelés à répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Sous la conduite du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le gouvernement réaffirme sa volonté de protéger les populations civiles, de restaurer l’autorité de l’État et de rétablir l’intégrité territoriale de la RDC.
Kinshasa assure ainsi vouloir poursuivre ses efforts en vue d’une paix durable, tout en plaçant la justice pour les victimes et la lutte contre l’impunité au cœur de sa réponse à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
La rédaction



