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La salle des conférences VIP de la paroisse Sacré-Cœur de la Gombe abrite, depuis mardi 11 août 2026, la table ronde de la société civile organisée par la Fédération nationale des personnes handicapées du Congo (FENAPHACO), consacrée à l’éducation inclusive et à la scolarisation des enfants handicapés en RDC, avec l’appui de l’UNESCO, de Save the Children, de World Vision et de Handicap International.

À cette occasion, le représentant de la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDUC-NC), M. Gerry Mamwini, a rappelé, dans son mot d’ouverture, que la Constitution de la RDC, telle que modifiée par la Loi n° 11/02 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles, garantit, spécialement en son article 43, à toute personne le droit à l’éducation nationale.

De même, la Loi-cadre n° 14/004 du 11 février 2014 de l’Enseignement national, en son article 7, points 14 et 33, reconnaît l’existence des établissements scolaires d’enseignement spécial en faveur des personnes en situation de handicap.

Au regard de ces textes juridiques, M. Mamwini souligne que l’éducation inclusive exprime un droit à une éducation équitable et de qualité pour tous les enfants et adolescents en RDC, et en particulier pour ceux et celles en situation de handicap. À ce sujet, des adaptations nécessaires du système éducatif doivent permettre à tous ces apprenants d’être présents, de participer, d’apprendre et de se réunir avec les autres dans un établissement scolaire ordinaire, du cycle préscolaire jusqu’à l’université.

Dans le cadre de l’universalité de ses actions, le ministère de l’EDUC-NC, a-t-il renseigné, collabore depuis 2007 avec l’ONG Handicap International pour renforcer les capacités des enseignants sur les pratiques pédagogiques inclusives. De ce fait, il souligne que le ministère a aménagé, avec l’appui de l’ONG Handicap International, des rampes, des latrines et l’éclairage, et adapté la hauteur des tableaux pour faciliter l’accès des apprenants en situation de handicap dans les écoles ciblées, à savoir : la commune de Ngiri-Ngiri (9 écoles), la commune de Bumbu (7 écoles), la commune de Selembao (11 écoles) et la commune de Mont-Ngafula (4 écoles).

Selon M. Mamwini, le ministère de l’EDUC-NC a également formé 502 enseignants, chefs d’établissements et inspecteurs chefs des pools de Kinshasa sur les pratiques pédagogiques inclusives, tandis que 116 enseignants ont été formés à Mweka et à Ilebo, et 34 autres à Tshikapa.

Le représentant de la ministre de l’EDUC-NC a également rappelé la ratification par la RDC de la Convention relative aux droits des personnes en situation de handicap et de son Protocole, remettant en cause la manière dont le handicap était perçu jadis, c’est-à-dire comme un problème médical ou physique, suscitant l’apitoiement ou faisant l’objet d’actions caritatives, pour l’instituer comme une situation fondée sur les droits humains, permettant aux sujets de droits de décider du cours de leur existence et de se sentir valorisés dans la société.

Selon M. Mamwini, le paradigme du « handicap » a pris une autre ampleur à travers de nouvelles réflexions et des solutions novatrices, de plus en plus humanisées et non discriminatoires.

Il a ensuite fait remarquer qu’en RDC, l’ensemble des structures et institutions ou des personnes qui œuvrent à la transformation du système éducatif doivent s’assurer que les objets, les bâtiments, les services scolaires, les postes de travail des enseignants, les salles de classe et même certaines fournitures scolaires soient conçus ou aménagés de manière à être utilisables et confortables pour les personnes en situation de handicap. « Il s’agit d’une ergonomie inclusive du système éducatif », a-t-il affirmé, avant d’inviter les autres partenaires éducatifs à appuyer le ministère de l’EDUC-NC pour que cette activité s’étende à toutes les provinces éducationnelles du pays.

Pour le coordonnateur national de la FENAPHACO, Me Patrick Pindu di Lusanga, la tenue de cette activité fait suite aux barrières, obstacles et difficultés que rencontrent les enfants vivant avec un handicap pour participer à l’éducation. « C’est la raison pour laquelle nous avons organisé cette table ronde qui réunit également les membres du gouvernement à travers les ministères sectoriels, dont les Affaires sociales, la Formation professionnelle et l’EDUC-NC, afin de réfléchir ensemble sur les dispositions à prendre pour éliminer toutes ces barrières et permettre aux enfants handicapés d’accéder aux écoles dans les mêmes conditions d’égalité que les autres enfants », a-t-il déclaré.

Présence active des partenaires pour des solutions idoines

Cette activité a connu la participation remarquable des partenaires techniques et financiers, des agences du système des Nations unies, des bailleurs de fonds et des acteurs humanitaires, des acteurs de la société civile qui travaillent dans le domaine de l’éducation et des organisations de personnes handicapées, des syndicats, des enseignants, des coordinations des écoles conventionnées catholiques, protestantes, kimbanguistes, musulmanes et salutistes, des responsables de l’Association nationale des parents des enfants vivant avec un handicap au Congo, de l’Association nationale des écoles privées et agréées, de l’Association nationale des élèves et étudiants du Congo, ainsi que des responsables d’écoles spécialisées venus de Matadi et Boma (instituts des sourds), de Kikwit (école Bota Tuba des sourds et école Bota Mona des aveugles), de Kenge, du Kwango, de Tshikapa et de Kinshasa (Institut national des aveugles de Gombe, de Mont-Ngafula et Institut des sourds-muets de Kinshasa).

Me Pindu estime, en effet, que pour rendre l’éducation accessible aux enfants handicapés, il est important que tous les partenaires concernés puissent travailler en synergie et en étroite collaboration avec la FENAPHACO, afin de trouver des mécanismes susceptibles d’éliminer toutes les barrières possibles qui freinent leur pleine participation.

Il a invité le gouvernement de la République, les bailleurs de fonds ainsi que les partenaires techniques et financiers à mettre à disposition les moyens financiers nécessaires afin d’assurer l’éducation inclusive en RDC en faveur des enfants en situation de handicap.

José Wakadila

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