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Fin de partie et désaveu total. Face à la multiplication des dérapages qui entachent son image, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) passe à l’offensive judiciaire. Lundi 22 juin 2026, le parti au pouvoir a officiellement déposé une plainte contre les individus qui usurpent le nom et les emblèmes des « Forces du Progrès » pour semer le chaos dans la capitale.

Par cette démarche radicale, la haute direction du parti trace une ligne rouge et se désolidarise des violences urbaines systématiquement attribuées à cette structure. Le constat interne est d’ailleurs sans concession :

« Tous les voyous, tous les Kulunas sont devenus Forces du Progrès », s’est alarmé un haut cadre de l’UDPS.

L’objectif affiché de la plainte est limpide : obtenir l’arrestation immédiate de quiconque instrumentalise les symboles du parti pour couvrir des actes de banditisme.

Cette rupture intervient alors que Kinshasa traverse une période de fortes secousses politiques.

Longtemps qualifiées par l’opposition de « milice privée » au service du pouvoir, les Forces du Progrès se retrouvent aujourd’hui prises à leur propre piège, privées de leur parapluie politique.

La décision de l’UDPS de porter plainte marque un tournant, mais elle soulève également des questions de fond sur la nature et l’évolution de ce mouvement :

À l’origine, les « Forces du Progrès » incarnaient l’aile marchante et la jeunesse combattante de l’UDPS sous l’ère d’Étienne Tshisekedi. C’était un bouclier de résistance pacifique et populaire face aux régimes successifs (Mobutu, Kabila père et fils). Le glissement sémantique actuel, où le parti lui-même associe ce nom aux Kulunas (gangs urbains de Kinshasa), illustre une perte de contrôle idéologique et structurel.

Pour l’opposition, cette plainte est une reconnaissance tardive de ce qu’elle dénonce depuis des années : l’existence d’une structure paramilitaire utilisée à des fins d’intimidation politique. En basculant du statut de parti d’opposition à celui de parti au pouvoir, l’UDPS s’est retrouvée confrontée à la difficulté de canaliser une base militante radicalisée qui réclamait son « retour sur investissement »

En se tournant vers la justice, l’UDPS tente de restaurer son image de parti d’État respectueux de l’État de droit, à Kinshasa comme à l’international. Reste à savoir si cette action judiciaire débouchera sur un réel démantèlement de ces réseaux sur le terrain, ou s’il s’agit d’un simple calcul politique pour calmer la colère de l’opinion publique face à l’insécurité grandissante. Wait and see !

Philippe Dephill Lipo

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