Le sit-in organisé vendredi par les principales figures de l’opposition devant le Palais du Peuple a tourné à l’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre. Plusieurs blessés ont été signalés, parmi lesquels Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, selon des images largement diffusées sur les réseaux sociaux.
À l’issue de la manifestation, Martin Fayulu a accusé la Police nationale congolaise d’avoir agi de concert avec des militants de la Force du Progrès, structure de jeunesse associée à l’UDPS, pour disperser le rassemblement.
« Ils nous ont attaqués simplement parce que nous voulions dire aux députés de ne pas déconner », a déclaré le président de l’ECiDé.
A l’en croire, la mobilisation avait pour objectif d’interpeller les députés nationaux sur la proposition de loi relative au référendum, notamment concernant toute disposition pouvant toucher à l’article 220 de la Constitution.
Partis du siège de l’ECiDé, les manifestants ont ensuite marché vers le Palais du Peuple, où ils comptaient tenir leur sit-in.
« Quand nous avons vu qu’il y avait beaucoup de monde, nous avons avancé vers le Palais du Peuple », a expliqué Martin Fayulu.
L’opposant affirme que les forces de l’ordre ont d’abord tenté de contenir la foule avant de recourir aux gaz lacrymogènes. Il soutient également que des tirs à balles réelles auraient été enregistrés au plus fort des tensions.
« Ils ont commencé par tirer des gaz lacrymogènes, puis des balles réelles », a-t-il affirmé.
Des échauffourées ont ensuite éclaté entre manifestants et forces de sécurité. Martin Fayulu assure que plusieurs militants ont été passés à tabac au cours des affrontements.
« Certains de nos jeunes se sont repliés. Ensuite, il y a eu des affrontements au corps à corps. Ils nous tapaient dessus », a-t-il déclaré, affirmant être lui-même blessé : « Je continue à saigner. »
Le leader de l’opposition accuse par ailleurs les autorités d’avoir mobilisé « des policiers, des Kuluna et la Force du Progrès » pour empêcher la tenue du sit-in.
Cette manifestation s’inscrivait dans une série d’actions de contestation lancées par l’opposition contre le projet de référendum. Après l’opération « ville morte » observée plus tôt dans la semaine et le sit-in de jeudi, Martin Fayulu a annoncé une nouvelle étape de la mobilisation.
« Nous allons libérer ce peuple », a-t-il lancé, tout en espérant que les autorités renoncent au projet contesté.
Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle du gouvernement, de la Police nationale congolaise ou de l’UDPS n’avait encore été enregistrée concernant les accusations formulées par les leaders de l’opposition.
La rédaction



