Dans un message à la nation daté de ce jeudi 27 février, Martin Fayulu, figure de l’opposition congolaise, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « menace existentielle » pesant sur la République démocratique du Congo (RDC). Selon lui, le pays est au bord du précipice, confronté à un risque imminent de balkanisation qui met en péril sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Fayulu souligne que depuis l’indépendance en 1960, la RDC n’a jamais affronté un défi aussi grave que celui qui se présente aujourd’hui. Il dénonce la guerre qui ravage actuellement le territoire congolais et insiste sur la nécessité de faire de la cohésion nationale une priorité politique absolue.
A l’en croire, l’heure n’est plus aux divisions internes, mais à l’union des forces pour protéger les 2,3 millions de kilomètres carrés du territoire congolais.
Il accuse des acteurs internes et externes d’orchestrer discrètement la balkanisation du Congo, un projet qu’il qualifie d’« ignoble » et de « profanation » de l’héritage de figures emblématiques telles que Simon Kimbangu et Patrice Lumumba.
Fayulu exhorte chaque Congolais à assumer sa part de responsabilité dans la lutte pour la sauvegarde du pays. Il estime que la guerre, les souffrances et les nombreuses vies fauchées doivent provoquer un changement d’attitude collectif. Selon lui, il est impératif de contrer ceux qui cherchent à diviser la nation et de refuser l’inaction face à la gravité de la situation.
L’opposant met en avant l’initiative dite du « processus de Kinshasa », portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Il considère ce projet comme une opportunité historique pour mettre fin à la guerre et reconstruire le pays sur des bases nouvelles, en transformant l’approche politique et en révolutionnant le vivre-ensemble des Congolais.
Appel aux leaders politiques et religieux
Martin Fayulu interpelle plusieurs figures politiques du pays. Il exhorte Corneille Nangaa à déposer les armes et à reconnaître le droit inaliénable à la vie de ses compatriotes. Il appelle également Joseph Kabila à se souvenir de ce que la RDC lui a donné et à s’engager pleinement en faveur de la paix. Il invite enfin Félix Tshisekedi à mesurer l’ampleur de la crise et à soutenir sans réserve l’initiative de la CENCO et de l’ECC.
Les responsables religieux sont également sollicités pour jouer un rôle clé dans ce processus de réconciliation et de préservation de l’unité nationale.
Fayulu conclut son message en soulignant l’urgence d’agir pour stopper la guerre, mettre fin aux massacres, empêcher les déplacements forcés des populations et restaurer l’intégrité territoriale du pays. Il insiste sur la nécessité de replacer la RDC sur la voie du développement, du progrès et de la dignité.



