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Une plainte déposée en Belgique accuse le clan présidentiel de pillage systématique des ressources minières.

Une procédure judiciaire d’une gravité exceptionnelle vise désormais la famille du Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Ce mardi 8 juillet 2025, une plainte a été déposée contre neuf de ses proches auprès de la justice belge. Ils sont accusés d’être les artisans d’un vaste système d’exploitation et de pillage des ressources minières dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.

Une enquête de six mois qui lève le voile

À l’origine de cette action en justice, un collectif d’avocats internationaux et congolais. Leurs investigations, menées pendant six mois, ont permis de rassembler un épais dossier composé d’éléments de preuve et de témoignages accablants. Parmi les sources figurent d’anciens cadres de la Gécamines, l’entreprise minière étatique, ainsi que des responsables d’autres sociétés publiques.

Les conclusions de l’enquête pointent vers une mainmise de la famille présidentielle sur la ceinture cuprifère du pays. Un témoin, dont l’identité est protégée, affirme sans détour : « c’est depuis 2019 que le Katanga serait devenu le coffre-fort de la famille présidentielle ». Une affirmation qui dessine les contours d’une captation des richesses nationales depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel Président.

La Gécamines, grande perdante d’un partenariat inéquitable

Le dossier s’appuie également sur une analyse des dispositions du code minier congolais et des contrats de partenariat. Il révèle un manque à gagner colossal pour les caisses de l’État et celles de la province du Lualaba, qui, selon la loi, devaient bénéficier de retombées financières significatives. Ces promesses seraient restées lettre morte.

Le cas de la Gécamines est particulièrement éloquent. L’entreprise publique, qui détient en moyenne 20% des parts dans ces joint-ventures, aurait dû percevoir, sur la base de la production annuelle, environ 400 000 tonnes de cuivre.

À prix du marché, cette quantité représente une valeur avoisinant les 3 milliards de dollars.

Or, la Gécamines affirme n’avoir touché que 200 millions de dollars, soit une fraction dérisoire de ce qui lui était dû. Cet écart colossal suggère un détournement à grande échelle au profit des sociétés écrans et des intérêts privés de la famille Tshisekedi.

Une plainte qui pourrait faire trembler Kinshasa

Le dépôt de cette plainte en Belgique, dans le cadre de la loi sur la compétence universelle, place la famille Tshisekedi dans une position extrêmement délicate. Elle ouvre la voie à une enquête pénale qui pourrait exhumer les mécanismes opaques de la gouvernance des ressources minières en RDC.

Si les accusations se vérifient, elles révèlent non seulement un scandale financier de première ampleur, mais aussi une trahison des promesses de transparence et de bonne gouvernance faites à la nation. L’affaire Mine du Lualaba risque de devenir le symbole du fossé entre les discours officiels et une réalité faite de prédation et d’impunité. La justice belge est désormais saisie. L’attention du monde entier se tourne vers elle.

Lionel Akwil

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