Face à la multiplication de scènes où des malades sont exhibés dans les rues de la capitale à des fins de mendicité, le ministère provincial de la Santé Publique, Hygiène et Prévention a décidé de sévir. Dans une circulaire officielle datée du lundi 28 Juillet, le ministre Dr. Gonga Abako Patricien interdit formellement toute exposition de malades dans les lieux publics à travers la ville-province de Kinshasa.
Cette décision vise à mettre un terme à une pratique jugée dégradante et contraire à la dignité humaine.
« Une pratique qui déshonore et porte un discrédit à la dignité humaine », dénonce le document, qui s’appuie sur l’article 16 de la Constitution congolaise, garantissant le respect de la personne humaine.
Il n’est plus rare, ces derniers mois, de croiser dans les carrefours ou les ronds-points de Kinshasa des personnes malades ou handicapées, souvent accompagnées de proches, sollicitant la générosité des passants. Un phénomène qui s’apparente, selon les autorités, à une forme de marchandisation de la souffrance humaine, parfois orchestrée dans un but lucratif.
La circulaire, adressée au gouverneur de la ville, au ministre provincial de l’Intérieur, à la police ainsi qu’aux bourgmestres de toutes les communes de Kinshasa, appelle à une stricte application de cette interdiction. Les contrevenants s’exposent à des poursuites, en vertu notamment de la loi sur la protection de l’enfant (loi n°09/001 du 10 janvier 2009) et du décret de 1896 sur la mendicité.
Par ailleurs, le ministère précise que toute personne malade identifiée dans les rues devra être transférée vers les structures de santé appropriées pour y recevoir les soins nécessaires.
« Les malades doivent être pris en charge dans la dignité, pas exhibés comme des moyens de survie », insiste la circulaire.
La rédaction



