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Si le débat sur la révision ou le changement de la Constitution se déroulait dans la rue et sur les réseaux sociaux, l’heure est venue de porter cette grande question dans un milieu scientifique. Il s’agit d’éclairer l’opinion publique sur certaines zones d’ombre qui, depuis quelque temps, suscitent des interrogations.

Annoncée à Kisangani par le président de la République, Félix Tshisekedi, lors de sa tournée, la question de la révision ou du changement de la Constitution est aujourd’hui un sujet qui divise autant qu’il rassemble en République démocratique du Congo. Tandis que certains la défendent, d’autres ne jurent que par l’intouchabilité de cette loi fondamentale, promulguée en 2006 sous un climat post-transitoire.

C’est dans cette optique qu’une conférence scientifique sera tenue ce samedi 4 janvier 2025, dans la grande salle de l’Université de Bunia, par le professeur Patrick Chombe. Le thème en sera : “Entre révision ou changement constitutionnel : oui pour la réécriture d’une nouvelle Constitution pour la RDC”.

Pour le professeur Patrick Chombe, enseignant de droit international public et de droit constitutionnel à l’Université de Bunia, cette question mérite d’être discutée dans un cadre dépassionné, afin de répondre aux nombreuses interrogations des scientifiques qui s’y intéressent depuis le début du débat.

Cette conférence scientifique se veut un espace d’échange et de partage, notamment avec les étudiants, considérés comme une couche sensible et directement concernée par l’actualité, tout en étant les cadres de demain. Elle s’adresse aussi aux opérateurs politiques et aux acteurs de la société civile, porteurs des voix de la population, a déclaré le professeur Patrick Chombe.

Par ailleurs, il a souligné l’impérieuse nécessité de réécrire complètement une nouvelle Constitution pour le pays. Selon lui, réviser ou modifier une Constitution déjà révisée serait une œuvre imparfaite. Il estime donc qu’il faut tout réécrire afin de doter le pays d’une Constitution adaptée aux réalités congolaises.

Évoquant la disposition actuelle de la Constitution concernant la qualité de sénateur à vie accordée aux anciens présidents, le professeur Patrick Chombe s’y oppose fermement et propose son abolition. Il a également évoqué la question des suppléants des députés nationaux, une pratique qui, selon lui, scandalise l’opinion publique lorsqu’elle est perçue comme une faveur réservée aux membres des familles des élus.

Il est important de signaler que cette conférence scientifique sera organisée en collaboration avec le Laboratoire scientifique pour la paix, la justice, la démocratie et le développement, une ONG créée dans la ville de Bunia. Dotée d’un arrêté provincial, cette organisation a une vocation scientifique et ambitionne d’apporter des changements sociétaux à travers des conférences, des colloques et d’autres initiatives.

Patrick Ndibu

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