Les droits de l’homme continuent d’être violés sans cesse en République démocratique du Congo, où les congolais ont du mal à faire valoir leurs libertés d’opinions, pourtant consacrées dans la Constitution du pays.
C’est le cas de M. Daniel Dzogolo, qui est persécuté non seulement à cause de ses opinions politiques, mais également de son
appartenance à un groupe social particulier (famille d’anciens fonctionnaires).
Les faits
Selon nos sources, Daniel Dzogolo a, après avoir obtenu sa licence en Finance à la Southern Methodist University, trouvé un emploi en comptabilité chez International Flavors & Fragrances en décembre 2018.
Son père, Hyacinthe Mbangu Dzogolo, proche de la retraite, a fait part à ses enfants, Daniel Dzogolo y compris, de ses projets d’après-carrière, notamment celui de se faire élire comme député national dans sa province d’origine, la Mongala.

Au départ, tous les enfants concernés avaient émis des réserves sur le projet de leur père, compte tenu de la situation politique du pays et de sa sécurité, mais au finish, ils ont fini par accepter.
Nos sources poursuivent que Hyacinthe Mbangu Dzogolo avait des liens avec le régime en place à l’époque, en raison du poste qu’il occupait à l’ex-Office national des transports (ONATRA, devenu SCTP, Société congolaise des transports et des ports) et a décidé de postuler avec le soutien de son parti politique.
Le président du parti lui a fait comprendre qu’il devait s’assurer qu’une proportion significative de la population de la province de la Mongala votera pour lui, surtout que cette province était très opposée au régime de Joseph Kabila.
En bon fils, Daniel Dzogolo avait décidé d’apporter son soutien à son père autant que possible depuis les États-Unis, afin de soutenir la campagne électorale qui devait permettre à son père de se faire élire.
Comme stratégie, Daniel Dzogolo misait beaucoup sur Facebook (qui était à l’époque le réseau social le plus populaire du pays). C’est ainsi qu’il avait réalisé plusieurs publications et vidéos en faveur du président du parti politique au sein de laquelle son père oeuvrait.
En outre, Daniel Dzogolo avait aussi écrit des articles de presse que ses cousins qui étaient sur place en RDC, avaient fait publié dans les journaux locaux.
Il était connu d’ailleurs comme le « fils américain » du candidat de la Mongala, cette province de l’ancien dictateur feu Maréchal Mobutu. C’est ce qui a fait que les ressortissants de ladite province avaient entretenu des relations conflictuelles avec les proches de l’ancien président Joseph Kabila, dont la plupart étaient originaires de la province du Katanga. Comble de malheur, le même conflit se poursuit avec les Kasaiens, proches de l’actuel chef de l’Etat au pouvoir, Félix Tshisekedi.
L’origine des ennuis
Nos sources attestent que Daniel Dzogolo avait pourtant attiré suffisamment d’attention grâce à ses différents démentis sur certaines déclarations du parti d’opposition de l’époque, l’UDPS aujourd’hui au pouvoir.
Cependant, un constat malheureux avait été établi, du fait que le régime de l’époque sous le président Joseph Kabila, avait trop de cadavres dans le placard.
Ce qui fait que le ressentiment de la province de la Mongala envers l’ancien régime était
donc dirigé contre son père Hyacinthe Mbangu Dzogolo et lui-même.
À cette époque, Daniel Dzogolo était contraint de désactiver son compte et ses pages Facebook et de rendre tous ses autres réseaux sociaux privés.
Malgré cela, il a reçu de multiples menaces de mort ; tandis que la résidence de son père dans la province de la Mongala était vandalisée à plusieurs reprises.
Son cousin qui avait contribué à la publication de son article, a même été assassiné dans des circonstances très mystérieuses en décembre 2018.
Après la victoire de l’opposition aux élections, de nombreux membres du parti de Kabila (PPRD) ont rejoint le parti du nouveau régime (UDPS) à des fins personnels. Certains ont tenté de recruter son père Hyacinthe Mbangu Dzogolo, dont le refus a créé des tensions, obligeant ce dernier de se tenir à l’écart de la politique et de se concentrer sur ses projets personnels. C’est à partir de ce moment que le nouveau régime l’a pris pour cible et à travers lui, son fils Daniel Dzogolo qui a décidé de se ranger dorénavant du côté de la population, en utilisant les journaux locaux pour dénoncer l’injustice et les détournements des fonds publics.
À partir de ses réseaux sociaux privés, Daniel Dzogolo surveilléllait de près toutes les personnes qui tentaient de s’ajouter ou de le suivre.
Récemment, sa famille élargie lui a fait parvenir une lettre de menaces déposée à leurs domiciles de la province de la Mongala et celui de la capitale.
Pris de panique, Daniel Dzogolo ne comprend pas cet acharnement contre sa personne, lui qui se bats en faveur de ses compatriotes congolais, mais qui est aujourd’hui considéré comme un ennemi contraint de vivre loin de son pays et de siens.
Ses bourreaux lui ont clairement fait comprendre qu’il doit se taire et que ses idées ne doivent jamais se propager. Dans l’une de ces lettres de menace, les assaillants ont également épinglé son fils de 7 ans.
La famille Dzogolo contraint de vivre en clandestinité
Au regard de tout ce qui précède, il y a lieu de noter que son père, Hyacinthe Mbangu a choisi de vivre loin de la capitale Kinshasa, pour sa sécurité et essaie de garder son adresse privée, où sont restés tous ses biens, lesquels font malheureusement l’objet de tentatives malveillantes et constantes de saisie de la part du gouvernement.
Heureusement que son oncle, Me Blaise Libenge Assaka, avocat de son état, fait de tout son mieux pour les protéger.
Pour le jeune Daniel Dzogolo, toutes ces menaces ne l’empêcheront jamais de dire la vérité, car pour lui, la mauvaise gestion flagrante des fonds publics, paralyse le pays.
D’autre part, il faut noter qu’en dehors des menaces de mort dont il est victime, la myasthénie grave qui atteint son fils, nécessite des traitements mensuels par immunoglobulines intraveineuses. Mais le médecin traitant de ce dernier atteste qu’un retour en RDC serait fatal en raison du manque d’équipements appropriés et de connaissances adéquats.
Ce qui veut dire que le cas de cet adolescent ne peut être pris en charge que par un neurologue.
Charles Mambu Makenzu
Correspondance particulière



