La nuit du 2 au 3 novembre 2005 reste à jamais gravée dans la mémoire de ceux qui ont connu Franck Ngyke Kangundu, rédacteur en chef de la rubrique politique du quotidien La Référence Plus et ancien journaliste de l’Agence Zaïre Presse, aujourd’hui ACP.
Ce soir-là, alors qu’il revenait de sa rédaction, Franck et son épouse Hélène Mpaka ont été lâchement assassinés.
Il avait 52 ans. Cette tragédie a non seulement arraché la vie à deux êtres chers, mais elle a également bouleversé le destin de leurs cinq enfants, brutalement laissés orphelins.
Franck Ngyke Kangundu était bien plus qu’un journaliste. Il était une voix courageuse et intègre, une figure respectée dans le paysage médiatique congolais.
Ses collègues se souviennent de lui comme d’un homme passionné par la vérité, toujours déterminé à dénoncer les injustices et les abus de pouvoir depuis l’ère du régime dictatorial du président Mobutu. Son engagement pour une presse libre et indépendante lui a valu l’admiration de ses pairs, mais aussi des ennemis redoutables.
Les confrères de Franck, en exprimant leur indignation face à cet acte ignoble, ont dénoncé l’injustice flagrante de sa mort.
Pourquoi lui ? Pourquoi Hélène ? Cette question résonne encore aujourd’hui, empreinte de colère et de tristesse. En s’en prenant à Franck et Hélène, leurs assassins ont-ils seulement pensé aux conséquences de leur acte ? À l’avenir de leurs enfants ? Une vie entière a été brisée par la violence aveugle d’un groupe de malfaiteurs.
La vie de Franck et Hélène s’est éteinte cette nuit-là, mais leur héritage continue de vivre. L’une de leurs filles est devenue journaliste et militante des droits des femmes, engagée sur le terrain. Elle incarne la résilience et la détermination de son père, poursuivant son combat pour exiger que justice soit rendue face au double meurtre de ses parents.
Aux côtés des organisations professionnelles des médias, elle mène un plaidoyer pour que le gouvernement congolais reconnaisse les 22 journalistes assassinés en RDC comme des Martyrs de la Liberté de la Presse.
Mais elle réclame surtout, dans le cas spécifique de ses parents, la réouverture des enquêtes sur leur assassinat, afin que les commanditaires de ce crime soient enfin traduits en justice.
Rappelons qu’après 20 ans, le double meurtre de Franck Ngyke Kangundu et de son épouse Hélène Mpaka demeure impuni en République Démocratique du Congo.
Pour leur fille, la vraie justice reste le seul moyen de soulager la douleur des familles endeuillées, des orphelins, des veuves, et d’honorer la mémoire collective de ces 22 courageux journalistes tombés dans l’exercice de leur métier.
GNK



