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La guerre est un fait de communication. Je le répète à l’envi. Les Juifs et les Perses nous le confirment. Ils ont âprement activé les trois pôles de la communication depuis 25 jours : les protagonistes, les messages, les canaux.

  1. Les protagonistes rivalisent de zèle et de leurres. Ali Khamenei est déjà sous terre, mais il s’est dédoublé. Netanyahou est vivant, mais agit en sous-sol. La théorie de l’école de pensée de Palo Alto enseigne que l’escalade est l’indice le plus apparent d’un conflit grimpant, qui dégénère en totale méfiance. En effet, la symétrie de « ne jamais perdre » conduit l’humain toujours vers l’excès de la rage, vers une peur pathologique ainsi que des visions irréelles. Les Israéliens bombardent le complexe iranien de Natanz, supposé être la matrice nucléaire du pays. L’Iran vise la localité israélienne de Dimona et son réacteur nucléaire. Mais tous refusent une guerre nucléaire.

Qui pis est, les alliés et aides attendus en faveur des challengers se sont embarqués eux-mêmes dans des projets parallèles. L’Amérique a déployé ses avions furtifs B-2 mais se refuse d’envoyer ses marines sur le littoral iranien. Les fantassins de Tsahal ne peuvent s’y aventurer seuls. En fait, Trump poursuit sa corvée de pleurs de la demi-douzaine de cadavres et de ses « morts légers », ainsi qu’ironisent les médias. Quant à la Russie, pays ami de l’Iran, elle se contente encore d’indexer et de montrer les cibles à attaquer en Israël. Moscou se trouve disculpée par l’absence de preuves des données métriques espionnées par les satellites de son agence spatiale Roscosmos.

  1. Quant aux contenus échangés, ils sont sans nom, parce que tous mortels. Israël annonce la destruction de tous les lanceurs de missiles iraniens. L’Iran répond par le lancement d’un projectile ayant survolé divers pays pour atterrir avec fracas sur la base militaire si protégée des Anglais et Américains à l’île de Diego Garcia, dans le lointain océan Indien. Distance : 4 000 km ! Cependant, l’Iran ne cesse de trembler. Ses commandants sont piégés chaque jour par des traîtres dormants dans la ville de Téhéran, manipulés par le Mossad même en plein ramadan. Cette guerre se poursuit donc comme si les belligérants avaient chacun perdu les clés de décodage des messages ennemis.

En théorie dite mathématique de la communication, Claude Shannon enseignait que la valeur numérique 0 est non seulement une absence de bit, mais c’est aussi et surtout un « off », l’obscurité, la lumière éteinte. En diplomatie, cela ressemble à la situation délicate et critique qu’avait décrite Henry Kissinger : « être toujours prêt à négocier, mais ne jamais négocier sans être prêt ».

  1. Enfin, en ce qui concerne les canaux vecteurs de sens en communication, ils sont devenus bizarres, étranges. Le patron Elon Musk a mis son réseau satellitaire Starlink au service des armées américaine et israélienne. Il a permis à ces alliés de déborder l’internet usuel en Iran. En revanche, le BeiDou chinois a été sollicité par les Iraniens pour contourner la dépendance à la navigation satellitaire par le GPS américain. Tout le monde est donc rendu sourd. Tout le monde est devenu aveugle. Les oreilles et les yeux des radars se sont bouchés et fermés.

La science a rendu son créateur humain plus nul que jamais. Les faits existent. Le redouté complexe stratégique israélien de Kyria, en plein Tel Aviv, n’est plus le refuge intouchable des généraux de Tsahal. De même, la zone sainte de Beit-e-Rahbar au centre de Téhéran n’a nullement réussi à épargner le guide suprême et sa famille. Le message de la mort est permanent. Il est à présent expédié par divers canaux, tellement imprévus que les seigneurs de guerre ont été contraints à la clandestinité, dans leurs propres pays. Où s’est caché Khamenei fils ? Où s’est planqué Bibi Netanyahou ? Seul Donald Trump peut s’exhiber et parler au loin de la guerre, mis en sûreté au-delà du vaste océan Atlantique.

En somme, poussée à son niveau extrême, la guerre est devenue l’industrie de la mort, tout en se transformant en simple jeu vidéo. Les robots ont pris la place des stars humaines dans les médias : la défense antimissile américaine THAAD rivalise de succès télévisuel avec le missile iranien Khorramshahr 4. Leurs noms étranges sont devenus coutumiers pour des consommateurs ordinaires des médias. Cependant, en règle générale, les humains se sont dépouillés de leur conscience, voire de leur âme. Elles ont été cédées en héritage aux maîtres de la robotique de guerre.

MMM

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