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En vacances parlementaire dans sa base électorale, l’honorable Grâce Neema Paininye, Questeure adjointe de l’Assemblée nationale, a dressé un constat sévère sur l’exécution du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145) dans le territoire d’Ango, province du Bas-Uele. Deux ans après son lancement par le Président Félix Tshisekedi, les travaux seraient loin des objectifs annoncés.

Des chantiers inachevés et des écoles toujours précaires

Au terme d’une tournée d’inspection dans la chefferie Mopoy, l’élue affirme que « même pas la moitié des travaux » n’est réalisée. Les bâtiments scolaires visités présentent, selon elle, des signes de malfaçons : murs fissurés, toitures défectueuses, finitions inexistantes. Certains édifices, encore inachevés, montrent déjà des dégradations.

Pendant ce temps, les conditions d’apprentissage n’ont guère évolué. Dans plusieurs localités, les élèves continuent d’étudier dans des abris de fortune. En saison des pluies, les cours sont interrompus faute d’infrastructures adaptées. « Le travail qui aurait pu durer six mois en est à deux ans. Nous ignorons où le processus s’est bloqué », déplore un porte-parole des directeurs d’écoles bénéficiaires du programme.

Le PDL-145, conçu pour doter chaque territoire d’infrastructures sociales de base – écoles, centres de santé, bâtiments administratifs – devait précisément mettre fin à ce type de situation.

“Un sabotage des efforts du Chef de l’État”

Face à la presse, Grâce Neema ne mâche pas ses mots. Elle parle d’« échec total » et évoque un possible « sabotage des efforts consentis au sommet de l’État ».

« Le Chef de l’État a mobilisé des moyens importants pour que les enfants d’Ango étudient dans les mêmes conditions que ceux de Kisangani ou de Kinshasa. Ce que nous voyons ici est inacceptable », a-t-elle déclaré.

Pour l’élue, le décalage entre les ambitions nationales et la réalité locale interpelle sur la chaîne de responsabilité. Elle annonce vouloir identifier l’entreprise adjudicataire du marché et remonter, si nécessaire, jusqu’aux instances décisionnelles compétentes afin d’établir les causes des retards et des malfaçons.

Un appel à la responsabilité des autorités

Au-delà des critiques, la Questeure adjointe appelle le gouvernement provincial et le gouvernement central à agir rapidement. « Il est inadmissible qu’à ce jour, il n’y ait ni centre de santé fonctionnel ni école digne de ce nom dans certaines zones concernées », insiste-t-elle.

Dans un territoire enclavé comme Ango, où l’accès aux services sociaux de base demeure un défi structurel, la réussite du PDL-145 revêt une dimension stratégique. Le programme est perçu comme un levier majeur de réduction des inégalités territoriales et de consolidation de la présence de l’État dans les zones reculées.

Grâce Neema promet de porter le dossier à Kinshasa dès la reprise des travaux parlementaires. « Mon rôle est de faire entendre la voix de la population. Je resterai mobilisée jusqu’à ce que toute la lumière soit faite et que des solutions concrètes soient apportées », affirme-t-elle.

À Ango, l’attente demeure forte. Entre promesses nationales et réalités locales, la crédibilité du programme phare du quinquennat se joue aussi dans ces territoires longtemps restés en marge du développement.

CellComm.

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