Le gouvernement provincial de Kinshasa a annoncé de nouvelles mesures drastiques encadrant la circulation des taxis-motos et tricycles dans la capitale. La décision, matérialisée par une note circulaire signée le 24 novembre 2025 par le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, s’inscrit dans le cadre d’une vaste opération de régulation de la mobilité urbaine initiée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki.
Gombe, zone interdite aux taxis-motos
C’est la mesure la plus marquante : les taxis-motos sont désormais totalement interdits dans la commune de la Gombe, cœur administratif et financier de la capitale. Plus question d’y circuler, d’y stationner ou d’y exercer toute activité de transport.
Les motos ne seront tolérées qu’en mode « dépose-reprise » sur certains axes périphériques menant vers le centre-ville. Parmi ces voies figurent notamment l’avenue des Huileries, l’avenue de la Libération, Mondjiba, Bokasa ou encore la route du Flambeau.
Les motos privées et celles dédiées à la livraison restent exemptées, mais devront obligatoirement être identifiées et enregistrées auprès de la Division urbaine des Transports.
Des artères majeures interdites aux tricycles
Autre mesure phare : les tricycles, très utilisés pour le transport de personnes et de marchandises, sont exclus de plusieurs grandes artères jugées stratégiques ou trop congestionnées. Les boulevards Lumumba, Sendwe, Triomphal, le boulevard du 30 Juin, l’avenue des Poids Lourds, Kasa-Vubu, Mondjiba, Nguma, ainsi que l’axe Tourisme (Nzela ya Mayi) figurent sur la liste noire.
Les tricycles sont désormais relégués aux routes secondaires à faible trafic. Le gouvernement interdit également leur stationnement anarchique aux abords des marchés, hôpitaux, écoles et carrefours.
Un régime de sanctions alourdi
Pour garantir l’application stricte de ces mesures, le gouvernement provincial a prévu un arsenal de sanctions.
Pour les taxis-motos surpris en zones interdites :
- Saisie immédiate et mise en fourrière pendant 30 jours
- Amende de 500 000 FC plus frais de fourrière
Pour les tricycles :
- Suspension de l’autorisation de transport pour 15 jours
- Mise en fourrière de 15 jours
- Amende de 500 000 FC plus frais de fourrière
Le ministre prévient : les contrôles seront permanents et aléatoires. La Police nationale congolaise, la Brigade spéciale de protection de l’environnement et la Régie des fourrières sont mobilisées pour faire respecter la circulaire. Toute forme de tolérance ou de complicité de la part des agents sera sanctionnée.
Selon les autorités provinciales, ces mesures visent à réduire l’insécurité routière, lutter contre la congestion chronique et réorganiser un secteur de transport souvent informel et difficile à contrôler.
La note circulaire est entrée en vigueur dès sa signature. Les jours à venir permettront de mesurer son impact sur la mobilité dans une ville où les taxis-motos et tricycles occupent une place centrale dans les déplacements quotidiens.



