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L’annonce du changement de nom du stade Tata Raphaël en stade Ali-Foreman provoque une véritable levée de boucliers à Kinshasa.
Entre colère populaire, dénonciations politiques et appels à la préservation du patrimoine, les Kinois s’opposent massivement à ce projet qu’ils jugent contraire à leur identité.

L’idée de rebaptiser le stade est portée par l’homme d’affaires Déo Kasongo, qui l’a dévoilée lors d’un point de presse à Kinshasa, en présence de la légende américaine Mike Tyson. Le projet s’inscrit dans le cadre du cinquantenaire du “combat du siècle” — le mythique affrontement entre Muhammad Ali et George Foreman organisé en 1974 à Kinshasa.

Selon Déo Kasongo, le changement vise à immortaliser un moment historique du sport mondial.

« Seul le stade change de nom, pas le complexe », a-t-il précisé, évoquant une volonté de “remettre la RDC au centre de la carte du sport mondial”.

« Ali et Foreman ont mis la RDC sur la carte mondiale de la boxe. Ce changement replace notre pays dans l’histoire du sport », commente un utilisateur sur X.

Une vague d’indignation à Kinshasa

Mais pour la majorité des Kinois, ce projet revient à effacer une partie de l’histoire du pays.

La décision suscite de nombreuses réactions indignées, aussi bien dans la classe politique que dans la société civile.

L’homme politique Adam Bombole s’insurge : « Nous ne pouvons pas tronquer notre mémoire nationale sous le coup de l’émotion. Ali et Foreman n’ont rien fait pour la RDC. »

De son côté, Vidiye Tshimanga, ancien conseiller du chef de l’État, s’est montré particulièrement virulent : « Le stade Tata Raphaël doit rester le Stade Tata Raphaël. On ne prend pas une telle décision pour flatter un invité. »

Il dénonce une « désacralisation » et une « légèreté » qui, selon lui, traduisent une méconnaissance du patrimoine national.

« Faites une statue d’Ali et Foreman, construisez une salle de boxe à leur nom, mais ne touchez pas au stade Tata Raphaël », a-t-il insisté, exhortant les autorités à ne pas « céder à des coups médiatiques ».

Qui était le Père Raphaël de la Kethulle ?

Le Père Raphaël de la Kethulle de Ryhove, surnommé Tata Raphaël, est considéré comme le père du sport congolais.
Arrivé à Léopoldville en 1917, ce missionnaire belge fonde plusieurs institutions majeures, dont le Collège Saint-Joseph (Elikya) et le Collège Notre-Dame du Congo, ainsi que des clubs emblématiques comme le Daring Club Motema Pembe (DCMP).

En 1931, il construit son premier stade et initie les premières compétitions sportives locales. Il consacre sa vie à l’éducation et à la jeunesse, avant de décéder en 1956. Son corps repose à Kinshasa, près du stade qui porte aujourd’hui son nom — un hommage national à son œuvre éducative et sportive.

La rédaction

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