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Mme Stephie Evelyne Mbongo Matumona, secrétaire en charge des courriers entrants et sortants à l’Agence pour la prévention et la lutte contre la traite des personnes (APLTP), un service spécialisé de la Présidence de la République depuis le 5 janvier 2021, affirme être la cible de menaces de mort persistantes.

Selon ses déclarations, ces intimidations ont débuté peu après sa nomination à ce poste stratégique, qui lui donne accès à des informations sensibles. Parmi les dossiers qu’elle aurait traités figureraient notamment des enquêtes sur un réseau de proxénètes chinois et d’autres affaires de traite des personnes en République démocratique du Congo.

Dans l’exercice de ses fonctions, Mme Mbongo Matumona affirme avoir rencontré, en juillet 2022, dans un centre d’accueil dénommé Saint Laurent à Kisangani, une fillette de huit mois prénommée Célestine, née d’une adolescente de 16 ans décédée en couches après avoir été victime de viol. L’enfant, selon ses témoignages, aurait été exploitée et vendue à plusieurs chefs de milices. Décidée à la protéger, Mme Mbongo Matumona indique avoir entamé une procédure d’adoption. Le tribunal pour enfants de Kisangani lui a donné gain de cause le 30 août 2022. Mais, dit-elle, elle n’a jamais pu récupérer l’enfant en raison des blocages et des menaces de mort provenant de proches de ses bourreaux présumés.

Cette initiative aurait été révélée à sa hiérarchie par certains collègues, l’exposant, selon elle, à de graves représailles. Craignant pour sa vie, elle affirme avoir dû renoncer à protéger directement la petite Célestine.

Les menaces se seraient accrues après plusieurs missions effectuées dans l’Est du pays notamment à Goma, Bukavu et Bunia où elle aurait collecté des preuves mettant en cause des personnalités militaires, politiques et des chefs de milices impliqués dans ce réseau criminel.

En juillet 2023, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Mme Mbongo Matumona a participé à une campagne de sensibilisation contre la traite des personnes à Kinshasa. Mais depuis, souligne-t-elle, les intimidations n’ont pas cessé.

À ce jour, l’APLTP et les autorités congolaises n’ont pas officiellement réagi à ces allégations. Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits humains appellent déjà à garantir la sécurité de Mme Mbongo Matumona et à renforcer la protection des lanceurs d’alerte travaillant sur des dossiers liés à la traite des êtres humains en RDC.

Abel NKUTU

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