Dans une société où l’État ne sait pas répondre aux besoins essentiels de la population, il est sans doute évident que l’économie soit tenue par les privés, qui méritent d’être protégés, disent les scientifiques.
Le constat semble amer lorsque ceux qui aident la population se voient contraints par des mesures drastiques, des arrestations arbitraires et des règlements de comptes, par une justice qualifiée de « malade » par le Président de la République après observations.
Importateur du plus grand volume de ciment — estimé à 4 000 tonnes — dans la partie Est du pays, l’opérateur économique Bassa Ndrodza semble être la cible de la justice. En conséquence, le petit peuple, qui devrait être desservi par cet opérateur économique aujourd’hui dans les quatre murs de la prison à Kinshasa, en paie le prix fort : le sac de ciment, vendu il y a peu à 11 $, se négocie désormais à 15 $, mettant en difficulté tous ceux qui ont des chantiers ainsi que certaines entreprises de construction bénéficiaires de marchés de travaux publics dans la province de l’Ituri.
Dans une province déclarée « zone rouge » du fait de ses conditions sécuritaires, l’État a le devoir et l’obligation de faciliter à la population le ravitaillement en produits de première nécessité et autres biens indispensables à la vie quotidienne. Cette tâche est aujourd’hui laissée aux privés, qui se battent nuit et jour pour sauver les meubles. Fort malheureusement, des « mains noires » s’invitent afin de décourager les efforts incontournables de certains opérateurs économiques, dont Bassa Ndrodza.
À lui seul, cet opérateur économique importe 1 500 tonnes de riz, 970 tonnes d’huile, 540 tonnes de sucre, 800 tonnes de farine et 4 000 tonnes de ciment. Son arrestation impacte donc non seulement le ravitaillement de la province de l’Ituri, mais aussi celui de quelques sociétés de construction, à savoir Safricas, OVD, Mont Gabaon, jusqu’au chantier de construction de l’actuelle Université de Bunia à Tsere — ce qui pourrait provoquer un retard dans l’avancement des travaux.
Il est important de rappeler que, malgré plusieurs noms de personnes cités par le récent rapport des Nations unies comme étant soupçonnées d’être en contact avec des groupes armés, tout semble se taire autour de certains députés nationaux figurant également sur cette liste, ce qui laisserait penser à un règlement de comptes ou à une justice à deux vitesses. Et cela, au moment où la justice devrait être rendue avec bon sens, sans discrimination ni complaisance.
Affaire à suivre.



