Après la polémique autour des supermarchés S&K, le scellage d’un établissement de l’enseigne à Lingwala relance les discussions et alimente les interrogations dans l’opinion kinoise.
L’actualité autour de l’enseigne S&K est loin de s’apaiser. Quelques jours seulement après une controverse particulièrement virulente sur les réseaux sociaux, un nouvel épisode vient remettre cette enseigne sous les projecteurs.
Le jeudi 29 octobre 2026, SK Premium, situé dans la commune de Lingwala, en face du camp Kokolo, a été scellé par la Direction générale des impôts (DGI) pour défaut d’utilisation des factures normalisées.
Un motif d’ordre fiscal qui, en principe, relève de l’application des règles en vigueur en matière de conformité et de transparence des opérations commerciales.
Mais le contexte donne à cette intervention une résonance particulière.
En effet, quelques jours auparavant, les supermarchés S&K avaient été au centre d’une vive polémique sur les réseaux sociaux. Des internautes avaient notamment évoqué de supposés liens entre l’enseigne et la famille de l’ancien président Joseph Kabila, dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible.
Face à ces accusations, la société propriétaire avait catégoriquement rejeté les allégations, annoncé des poursuites judiciaires et contesté les rapprochements établis sur les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, le scellage de SK Premium vient ajouter un nouvel épisode à une séquence déjà chargée en controverses.
DEUX AFFAIRES, UN MÊME ÉTABLISSEMENT AU CENTRE DE L’ATTENTION : FAUT-IL Y VOIR UNE SIMPLE COÏNCIDENCE ?
Pour l’heure, aucune preuve ne permet d’établir un quelconque lien entre la précédente polémique et la mesure prise par la DGI. Il convient donc de distinguer les accusations circulant sur les réseaux sociaux des faits officiellement rapportés par l’administration fiscale.
Une question demeure néanmoins : cette opération traduit-elle simplement la volonté de la DGI de faire respecter les obligations fiscales applicables à tous les opérateurs économiques, ou le contexte particulier de ces derniers jours contribue-t-il à amplifier sa portée dans l’opinion publique ?
Au-delà du cas SK Premium, cet épisode remet sur la table une question fondamentale : l’application de la loi fiscale en RDC doit-elle être perçue comme une exigence ordinaire de gouvernance ou comme un événement exceptionnel dès lors qu’une enseigne se retrouve au cœur d’une controverse publique ?
La transparence fiscale, l’égalité devant la loi et le respect des procédures doivent rester les principes directeurs, quelle que soit l’identité des propriétaires d’une entreprise.
Kinshasa observe, commente et attend peut-être davantage d’éclaircissements.
Et vous, comment interprétez-vous ce nouveau rebondissement ? La DGI applique-t-elle simplement la réglementation fiscale ou le contexte de cette affaire mérite-t-il une attention particulière ?
Philippe Dephill Lipo



