RECRUDESCENCE DES DISCOURS DE HAINE ET DE DISCRIMINATION ETHNIQUE EN RDC.
FACTEUR DE SURVIE TOXIQUE ET MALSAIN.
À quoi cela peut servir en ce moment le discours de haine, la discrimination ethnique ? Il faut le dire clairement. Il s’agit d’une dimension de la guerre, notamment la guerre cognitive dans le giron de la guerre hybride. La RDC vit une nouvelle vague de discours de haine, alimentant la discrimination, la stigmatisation avec un battage médiatique d’une énormité extrême, d’une toxicité dangereuse pour la vie nationale. D’entrée de jeu, cela n’est pas gratuit en cette période des grandes échéances. L’histoire nous enseigne que la RDC a été constituée par les accords avec les royaumes, les ethnies, etc. Cette réalité historique a permis d’avoir des macro-ethnies critiques à l’aune de la réalité linguistique. Par le système de mariage extra-ethnique, on se retrouve face une richesse socio-anthropologique considérable. C’est bien cette âme qu’on cherche à détruire, à anéantir, à déconstruire pour des intérêts privés et mesquins. Évoquant la question question de discours de haine lors du briefing de presse du 05. 12. 2022 à la RTNC, Julien Paluku disait exactement que : « Ces ingrédients utilisés (…) pour survivre tant à l’international qu’au niveau national.
À quoi sert cette architecture mise en place ? Le congolais doit savoir que ces discours de haine, cette incitation à la discrimination tribale, cette stigmatisation ethnique répondent à l’orchestration de la guerre cognitive, en termes de dispositif politique de surveillance et de contrôle pour la fermeture symbolique, syndrome de Stockholm, destruction du tissu social, ruine de confiance et distillation de la panique morale, etc. Il est question de la guerre cognitive.
Cette guerre cognitive consiste à un mécanisme de disqualification symbolique par l’utilisation de la narration, des normes et des émotions pour altérer la réputation, l’image et l’identité, réduire l’influence et, dans les cas extrêmes, stigmatiser, iser, voire ostraciser. Elle a pour armes :
• La désinformation (propagande, fake news) ;
• L’instrumentalisation de récits ;
• La manipulation émotionnelle (conditionnement à la peur, la colère, l’indignation, etc.) ;
• L’usage stratégique des médias pour influencer opinions et comportements.
Cette guerre cognitive recherche essentiellement à :
• Diviser une société, polariser l’opinion publique ;
• Délégitimer et disqualifier les institutions ;
• Créer un brouillard cognitif en termes de doute permanent par rapport à ce qu’il faut croire ou ne pas croire ;
• Affaiblir, voire retourner les récits ;
• Instrumentaliser des populations vulnérables.
Professeur Achille BUNDJOKO Iyolo



