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La République démocratique du Congo et le Brésil collaborent à la création d’une plateforme locale, gérée par des entités et des citoyens congolais, qui analyse le couvert forestier, la déforestation et les changements d’affectation des terres en RDC.
La plateforme MapBiomas est un outil important pour le suivi de ces changements et un allié essentiel dans l’élaboration de politiques relatives à l’occupation des sols au Congo.

Vingt-cinq années de données sur l’occupation des sols au Congo sont désormais accessibles gratuitement et en continu.

Le réseau MapBiomas-RDC a présenté sa première collection de cartes le mardi 18 août 2026, dans le district de Gombe : vingt-cinq années d’enquêtes annuelles, de 2000 à 2025, téléchargeables gratuitement.

Cette collection catégorise le territoire selon les principaux types d’occupation des sols (couverture forestière, terres agricoles, pâturages, forêts plantées) et permet aux utilisateurs de suivre l’évolution de ces occupations d’une année sur l’autre.

Près de 80 représentants d’organismes gouvernementaux, d’organisations internationales, d’universités, d’ONG et de la société civile environnementale ont assisté à la présentation, animée par Landing Mané, directeur de l’Observatoire des forêts d’Afrique centrale (OSFAC) et coordinateur principal du réseau congolais.

Du Brésil à Kinshasa : un transfert de méthodologie

Fondé en 2015 au Brésil par un consortium d’ONG, de laboratoires et d’entreprises technologiques, MapBiomas est spécialisé dans la production de séries temporelles homogènes sur l’occupation des sols. Le modèle s’est depuis étendu à une quinzaine de pays. La République démocratique du Congo a été choisie en 2025 comme pays africain participant.

La coopération brésilienne s’est concentrée sur la formation des équipes et la configuration initiale des outils, à travers plusieurs sessions organisées à distance et en présentiel.

Le traitement des images, incluant la classification, la validation et les mises à jour annuelles, est réalisé par des équipes congolaises coordonnées par l’OSFAC, en collaboration avec des universités et des instituts de recherche nationaux. À cet effet, chercheurs, étudiants, agences gouvernementales et associations peuvent désormais accéder gratuitement à la collection sur la plateforme en ligne (https://rdc.mapbiomas.org/), à condition de citer la source.

Combler les lacunes

Le Congo ne manquait pas de cartes : l’Institut géographique du Congo, le Centre national de télédétection et diverses organisations des secteurs environnemental et géologique en produisent depuis longtemps. Ce qui manquait à ces travaux, c’était la continuité et la mise en réseau. Une carte pour 2010, une autre pour 2015, et des lacunes entre elles, faute de données : la nouvelle série de la plateforme MapBiomas élimine ces discontinuités en établissant une base de référence et un langage commun pour évaluer les évolutions et élaborer des plans.L’ensemble de données fournit des cartes thématiques cohérentes et détaillées avec une résolution de 30 mètres, couvrant plusieurs décennies et mises à jour annuellement.Il faut noter que la série produite par MapBiomas privilégie une approche historique : une succession d’années révèle l’avancée d’une frontière agricole, le recul d’une chaîne de montagnes, la conversion progressive d’une savane ou l’expansion urbaine. C’est cette approche dynamique qui intéresse les agences gouvernementales chargées de l’octroi de concessions, de la planification des infrastructures ou de l’autorisation du développement industriel et, plus largement, les acteurs de l’aménagement du territoire, de la gestion des ressources naturelles et des politiques climatiques.

Connaître le MapBiomas

Le MapBiomas République Démocratique du Congo est un réseau collaboratif qui produit des cartes annuelles sur l’utilisation et la couverture des sols.
Depuis sa création au Brésil, le réseau s’est étendu à l’Amérique du Sud, à l’Indonésie et à la RDC. Il réunit des organisations non gouvernementales, des universités et des experts en technologie et
fournit des données ouvertes et entièrement gratuites, avec comme principaux objectifs :

  • Suivre l’évolution de l’environnement et du climat ;
  • Aider à la gestion durable des forêts et des ressources naturelles ;
  • Fournir des informations fiables pour les politiques publiques.

Parmi les technologies, le MapBiomas utilise la puissance de calcul de Google Earth Engine.
Il emploie également des méthodes avancées comme le deep learning et les forêts aléatoires (Random Forests).
Il analyse des images satellites pour cartographier les terres au fil du temps.

José Wakadila (Avec le concours de l’Ambassade du Brésil à Kinshasa)

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