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Le rapatriement de la dépouille de l’ancien président du Zaïre, Mobutu Sese Seko, reste suspendu, près de trois décennies après sa mort. Son fils, Nzanga Mobutu, estime que le retour du corps en République démocratique du Congo (RDC) doit être précédé par la réhabilitation du site de son ancienne résidence de Kawele, à Gbadolite, dans la province du Nord-Ubangi.

« Vous comprendrez bien que, dans ces situations-là, il est difficile de ramener le corps du maréchal Mobutu. Dans ces conditions-là, je crois que la moindre des choses, c’est au moins de réhabiliter le site de sa résidence. C’est ce qu’il a laissé quand il est parti. C’est la moindre des choses, en tout cas », a déclaré Nzanga Mobutu.

Décédé en exil le 7 septembre 1997, Mobutu Sese Seko repose depuis lors au cimetière chrétien de Rabat, au Maroc. Plusieurs dirigeants congolais ont, au fil des années, évoqué la possibilité de rapatrier sa dépouille, sans qu’une issue concrète ne soit trouvée.

La réhabilitation de Kawele au cœur des discussions

Pour la famille Mobutu, le retour de la dépouille reste notamment lié aux dernières volontés de l’ancien président, qui souhaitait être inhumé dans son fief de Gbadolite, dans le Nord-Ubangi.

Sa résidence de Kawele, autrefois surnommée le « Versailles de la jungle », a cependant été fortement dégradée et pillée au fil des années. Sa réhabilitation apparaît ainsi comme l’une des principales conditions avancées par la famille pour envisager le rapatriement de la dépouille.

À cela s’ajouteraient des divergences au sein de la famille concernant les modalités d’organisation du retour et de l’inhumation de l’ancien chef de l’État.

Des promesses politiques restées sans suite

La question du rapatriement de Mobutu avait déjà été évoquée sous le régime de Joseph Kabila. En 2013, l’ancien président avait annoncé des dispositions en faveur du retour de la dépouille, sans que le projet n’aboutisse.

Après son arrivée au pouvoir en 2019, Félix Tshisekedi avait également exprimé son intention de faciliter le rapatriement de l’ancien président. Mais, jusqu’ici, aucune démarche n’a permis de concrétiser ce projet.

Plus récemment, un collectif de députés nationaux s’est saisi de la question, avec l’objectif d’institutionnaliser la démarche au niveau de l’Assemblée nationale et d’encourager une collaboration entre le gouvernement et la famille biologique de Mobutu.

Un retour qui ravive le débat sur la mémoire nationale

Le projet de rapatriement de Mobutu demeure chargé d’enjeux historiques et politiques. Pour certains Congolais, le retour de sa dépouille constituerait un geste de réconciliation nationale et une manière de reconnaître le rôle historique joué par l’ancien président dans l’histoire politique du pays.

D’autres voix mettent toutefois en garde contre une éventuelle réhabilitation de son régime, marqué notamment par l’autoritarisme, la répression et la corruption.

Près de 29 ans après sa disparition, la dépouille de Mobutu Sese Seko demeure donc au Maroc. Son éventuel retour en RDC reste désormais lié à la volonté politique, aux discussions avec sa famille et, selon Nzanga Mobutu, à la restauration préalable du site de Kawele à Gbadolite.

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