Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a appelé mercredi 15 juillet, à N’Djamena (Tchad), les États africains à repenser leur politique de gestion des ressources hydriques afin de faire de l’eau un véritable levier de développement économique, d’industrialisation et de résilience climatique.
S’exprimant à l’ouverture du Forum africain de l’eau, le Chef de l’État congolais a proposé cinq orientations destinées à relever les défis liés à la sécurité hydrique sur le continent. Il a notamment plaidé pour une meilleure intégration des politiques publiques, le renforcement de la gouvernance à travers des institutions plus performantes, une gestion transparente des infrastructures hydriques, la préparation de projets techniquement et financièrement solides afin d’attirer davantage d’investissements, ainsi qu’une mobilisation accrue des financements publics, privés et internationaux.

« Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a déclaré Félix Tshisekedi, appelant à mettre fin à une approche sectorielle qui traite séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme, l’environnement et les infrastructures.
Le président congolais a également défendu une vision industrielle de la gestion de l’eau en invitant les pays africains à développer sur le continent la fabrication de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques destinées au secteur hydraulique.
Présentant les ambitions de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a annoncé que son gouvernement entend porter, à l’horizon 2035, le taux d’accès à l’eau potable à 60 %, celui des services d’assainissement et d’hygiène à 50 %, tout en garantissant un accès adéquat aux infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans 80 % des écoles et établissements de santé.
Le Forum africain de l’eau se tient dans un contexte où l’accès à l’eau demeure l’un des principaux défis du continent. Selon les organisateurs, plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une source d’eau potable de base, tandis que plus de 700 millions de personnes sont privées de services d’assainissement de base. Cette situation constitue non seulement un enjeu sanitaire, mais aussi un frein à la croissance économique, les pertes de PIB liées à la pénurie d’eau pouvant atteindre jusqu’à 6 % dans certaines régions africaines.

Placée sous la coprésidence du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno et de la directrice générale des opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde, cette rencontre de deux jours réunit chefs d’État, ministres, institutions financières, partenaires au développement et acteurs du secteur privé. Les échanges visent à accélérer les investissements dans les infrastructures hydriques, renforcer la coopération sur les bassins transfrontaliers et transformer les engagements politiques en actions concrètes en faveur de la sécurité de l’eau en Afrique.
La rédaction



