La mobilisation des médecins grévistes a connu un nouvel épisode de tension mercredi 15 juillet à Kinshasa. Des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux montrent des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) aspergeant d’eau des praticiens installés devant l’Immeuble intelligent, où ils avaient passé la nuit pour maintenir la pression sur les autorités.
D’après plusieurs sources, les médecins réclament notamment le paiement de leur prime de risque, dont le montant est fixé à 1,8 million de francs congolais. Les images de cette intervention policière ont rapidement provoqué une vague de réactions, de nombreux observateurs estimant que les professionnels de santé ont été traités avec brutalité alors qu’ils exerçaient un mouvement de revendication.
Les médecins assurent toutefois que leur mouvement ne se limite pas à la question de la prime de risque. Selon l’un des grévistes, plusieurs engagements pris par le gouvernement demeurent inexécutés.
« Certains médecins gagnent moins de 1,6 million de francs congolais par mois, tandis que d’autres attendent toujours leur salaire ou leur prime depuis plus de cinq ans », explique-t-il.
Parmi les principales revendications figurent l’intégration de la paie complémentaire à la paie ordinaire dès le troisième trimestre 2026, le versement des arriérés de cette paie complémentaire, interrompue depuis février 2026 et concernant plus de 5 000 médecins, l’alignement de plus de 800 praticiens à la prime de risque trimestrielle, la mécanisation de près de 1 000 médecins ainsi que l’application des promotions en grade prévues pour des agents recrutés depuis plus de quinze ans.
Les grévistes rappellent que ces mesures figurent dans plusieurs protocoles d’accord conclus avec le gouvernement. Ils affirment que leur mise en œuvre reste largement incomplète, la dernière avancée notable remontant, selon eux, à juillet 2025.

Alors que la grève se poursuit, plusieurs structures sanitaires publiques de Kinshasa continuent de fonctionner au ralenti, avec des répercussions sur la prise en charge des patients. Aucune réaction officielle des autorités n’avait été enregistrée au moment de la publication de cet article concernant les images de l’interpellation des médecins.
La rédaction



