La partie Est de la République démocratique du Congo est touchée, depuis le week-end dernier, par l’épidémie à virus Ebola. Une nouvelle souche qui n’a ni vaccin ni traitement fixe, selon les professionnels de santé. Mais la gestion de cette épidémie dans la province de l’Ituri constitue une autre question qui divise la population, laquelle ne sait plus à quel saint se vouer lorsqu’elle doit choisir entre la résilience et la désinformation.
Si la communauté internationale et le Gouvernement se sont tous mobilisés, multipliant des messages de tout genre portant sur la prévention, la protection et la vigilance, les quelques trois zones de santé touchées en Ituri font face à une réalité difficile à gérer et capable de susciter le pire. Parce que, dans les mêmes circonstances, les mêmes causes produisent les mêmes effets.
En effet, depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola par le Ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé, certains n’y croient pas, tandis que d’autres parlent d’une histoire fabriquée par les professionnels de santé pour se faire de l’argent, tout en essayant de cacher cette nouvelle. Ce qui a créé un climat de méfiance entre la communauté et les professionnels de santé.
Cependant, si dans la zone de santé de Rampara, la population a brûlé des tentes hébergeant les personnes contaminées et fait fuir quelques-unes d’entre elles, dans la zone de santé de Bunia, les hôpitaux et centres de santé voient la confiance de la population s’effriter au regard des mauvaises communications faites par des tiers et de la mauvaise expérience vécue lors de la Covid-19, quand il fallait gonfler le nombre de malades pour bénéficier des fonds.
Par ailleurs, bien que doutant de la présence de cette épidémie, cette même population s’est sans faille mobilisée pour le respect strict des mesures de prévention, notamment le port du cache-nez, le lavage régulier des mains, l’arrêt immédiat des contacts physiques lors des salutations et l’observance de la distanciation sociale dans les grands milieux de rassemblement. Ce qui traduit un esprit de résilience.
Si, en termes de communication et de sensibilisation adaptées à cette épidémie, les choses semblent être négligées en Ituri, nombreux sont ceux qui profitent de la situation pour semer une fois de plus le doute, la peur, la méfiance et le chaos afin d’aggraver de nouveau la crise.
Vivra verra.
Patrick Ndibu Van



